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25 Juin 2014

Kaukasus

'I'

par Raphaël Dugué

Pour trouver l’origine du groupe Kaukasus, il ne faut pas se tourner vers cette région montagneuse située entre l’Europe et l’Asie, mais plutôt vers les terres septentrionales de la Scandinavie. Ce nouveau super-groupe se partage en effet entre la Suède, avec Mattias Olsson d’Änglagård à la batterie, et la Norvège avec le flûtiste Ketil Vestrum Einarsen de l’excellent Jagga Jazzist en charge aussi des synthétiseurs et Rhys Marsh au chant. Comme Transatlantic avant eux, les trois musiciens ont composé et enregistré chacun dans son studio sans que cela ne porte préjudice à l’unité du groupe. L’album s’ouvre sur deux morceaux épiques, « The Ending of the Open Sky » et « Lift the Memory » qui présagent du meilleur. Entre le progressif sombre et les ambiances empruntant à la cold wave ou au krautrock, ces deux morceaux à la tension parfaitement maîtrisée montrent une certaine inventivité dans les sonorités (notamment avec la flûte d’Einarsen).

Malheureusement, ’I’ traverse un long trou d’air par la suite, la faute aux mélodies trop évidentes de « In the Stilness of Time » et « Reptilian » (dont la durée aurait pu être divisée par deux), et un aparté électronique évoquant Terry Riley, « Starlit Motion », qui peine à trouver sa place dans l’ensemble. Il reste néanmoins un final agréable avec deux morceaux dont les arrangements s’accordent d’une belle façon, à la mélancolie douce, ou au post rock, faisant presque oublier les errements des titres précédents. Ce premier album de Kaukasus reste à l’état de promesse. Si le groupe parvient à surpasser ses défauts, la suite peut être prometteuse. Les trois musiciens forment tout de même un ensemble intéressant, possédant déjà une certaine originalité et une forte personnalité.

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