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23 Juin 2014

Thierry Zaboïtzeff

Sixteenth

par Jean-Philippe Haas

Thierry Zaboïtzeff fait partie de ces laborantins qui ne se contentent pas de ce qui se fait ou de ce qui existe, et veulent créer un univers musical distinctif. Pendant un quart de siècle, Gérard Hourbette et lui ont tenté dans Art Zoyd de repousser les frontières de leur art en puisant dans le jazz, le rock progressif, les musiques électroniques et contemporaines pour créer des œuvres innovantes, multimédia, sans limites. Volant de ses propres ailes depuis 1997, Zaboïtzeff offre avec Sixteenth sa déjà seizième œuvre en solitaire.

Il n’est guère possible d’apposer un genre défini à la douzaine de titres de l’album, tant ils sont animés chacun d’une vie et d’une pulsation propres. Instrumentaux ou chantés par la soprano Isabelle Farmini, ils naviguent à l’occasion au voisinage de Magma, voire de Klaus Schultze mais c’est à l’univers de leur auteur qu’ils appartiennent le plus souvent. Jamais tout à fait électronique, jamais vraiment acoustique, la musique du multi-instrumentiste penche pourtant plus volontiers vers l’utilisation des machines, et plus particulièrement sur la seconde moitié du disque. De compositions linéaires ou plutôt directes (« Slippery Nights », « Makes Me Sleep », « Deil zom an delay ») en plages plus complexes, ou dédiées davantage aux atmosphères (« Kordz et les anges gardiens », « Mariée à la nuit », reprise electro-symphonique d’un titre d’Art Zoyd ou encore « Free At Last », qui met en scène Martin Luther King et son fameux discours), on trouve largement son bonheur, qu’on ait des affinités avec la musique électronique ou le RIO.

Quoi qu’il en soit, Zaboïtzeff évite toujours l’écueil des sonorités discutables et ne remplace pour ainsi dire jamais un instrument par son imitation synthétique, hormis dans les moments orchestraux. Cela fait de Sixteenth une œuvre moderne qui s’inscrit dans la durée. Plus accessible que son Planet Luvos qui ne peut se passer du support visuel et théâtral pour lequel il a été créé, ce disque n’en est pas moins ambitieux, et démontre que son auteur ne se repose pas sur ses nombreux lauriers.

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