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20 Juin 2014

La Coscienza di Zeno

Sensitività

par Aleksandr Lézy

Deuxième album déjà pour La Coscienza di Zeno, groupe italien de la ville de Gênes, géniteur d’un album éponyme remarqué en 2011. Avec son nom inspiré du livre du même nom d’Italo Svevo publié en 1923, CdZ déroule sept morceaux de rock progressif symphonique dans la plus pure tradition des classiques des années soixante-dix, avec une délicatesse toute particulière. Les sorties s’enchaînant de manière galopante en ce moment dans le genre : entre les Not A Good Sign, Il Tiempo delle Clessidre et autres Museo Rosenbach, à quoi donc s’attendre à l’écoute de Sensitività ?

N’y allons pas par quatre chemins, les six musiciens qui participent tous à l’écriture des morceaux proposent ici un matériel de qualité. Pourtant, et même s’ils sont tous méritants, trois d’entre eux attirent l’attention plus que les autres : les deux claviéristes Stefano Agnini et Luca Scherani qui déroulent des kilomètres de mélodies à tomber à la renverse. Entre les synthétiseurs qui s’enroulent dans les phrases de piano et les sons utilisés pour créer une atmosphère totalement onirique, l’auditeur est plongé dans une histoire qu’il n’est pas tenu de comprendre pour l’interpréter. Soutenu par la voix suave, douce et magistrale d’Alessio Calandriello, CdZ développe une formule dont seuls les Italiens ont le secret : raconter une histoire.

Tantôt hargneux tantôt délicat, Sensitività s’écoute comme un livre ouvert, avec les frasques et les rebondissements dont il foisonne. Des passages très modernes côtoient des moments inscrits dans le cahier des charges du rock progressif italien, comme les instants larmoyants presque théâtraux : une « comedia dell’ arte » magnifiquement rôdée, maîtrisée, parfois un peu trop poussive mais tellement passionnante et poignante. Bravo !

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