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12 Juin 2014

Dream The Electric Sleep

Heretics

par Jean-Philippe Haas

Le visuel « chamarré » de Lost And Gone Forever avait attiré l’attention de notre chroniqueur qui, en fin de compte, avait trouvé de nombreuses qualités au premier album de ce groupe originaire du Kentucky. Si le quatuor n’a pas réalisé d’énormes progrès dans la réalisation de ses pochettes, il a beaucoup mûri depuis 2011. Les références trop visibles s’effacent et Heretics, s’il ne contient pas autant de diversité que veut bien l’annoncer le press kit, révèle néanmoins une musique puissante à diverses facettes où metal alternatif, art rock et post-rock trouvent une large place alors que les influences classic prog revendiquées sont assez en retrait, voire inexistantes.

Les onze compositions sont réparties en cinq chapitres et soixante-dix minutes de musique dense, souvent rugissante et mélodique où U2, Coheed And Cambria et Pain of Salvation prennent parfois des poses post-metal, à l'image d'« Elizabeth » ou de « How Long We Wait », véritables titres-témoins du trio. Le chant de Matt Page, chargé d’emphase façon Bono s’insère parfaitement aux différentes atmosphères, nourries de déluges sonores, de batterie toujours un peu lourdaude mais aussi de moments plus contrastés - où l’on peut distinguer à l’occasion violoncelle et cor - voire paisibles sur comme « I Know What You Are » ou « To Love is to Leave ».

Un peu longuet, Heretics gagne à être écouté par chapitres tandis que la production mériterait d’être encore travaillée un peu (l’absence des conseils d’un producteur attitré et/ou d’un label y est peut-être pour quelque chose ?). Ces quelques réserves font que ce deuxième enregistrement n’est pas tout à fait ce qu’on appelle parfois caricaturalement « l’album de la maturité », mais on s'en approche et il est probable que, sur cette lancée, le prochain Dream The Electric Sleep obtienne ses lettres de noblesse.

Commentaires 

#1 _Ancestor_ 24-06-2014 09:14
Une chronique qui restitue parfaitement le contenu de cet album, très abordable bien que quelque part un peu hors du commun. Un disque qui a chez moi un étrange pouvoir de fascination.
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