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02 Juin 2014

Gletscher

Devout

par Aleksandr Lézy

Pourquoi s’intéresser à un groupe comme Gletscher lorsqu’il y en a tant d’autres plus visibles sur la toile qui mériteraient que l’on se penche sur eux ? La raison est simple, Gletscher est le nouveau projet de Joileah Maddock, la guitariste de Sleeping People basé à San Diego et signé sur le label Temporary Residence Records. Il y a donc un intérêt non négligeable à retourner dans tous les sens Devout, premier album de ce trio mené par une femme de poigne au chant sensuel, pas si pieuse que ça.

Dorénavant appelée Joileah Concepcion, la chanteuse/guitariste dévie légèrement de son math rock de prédilection pour se diriger religieusement vers un rock metal lourd et mystérieux, empreint de plusieurs cultures. Après une courte introduction en ce qui semble être du suisse-allemand (le groupe s’est installé à Zürich en Suisse) sur un hypothétique homme-chouette, les choses sérieuses commencent avec des guitares tranchantes, un tempo très ralenti pour donner de l’emphase au chant finement décalé mélodiquement. Recherche sonore, rythmique, mélodique, on pense tour à tour à Tool, A Perfect Circle plus tard à Gojira en moins metal sur « December ». Les longs développements instrumentaux ne sont pas rares, permettant ainsi aux morceaux de planter clairement le décor, celui d’une musique réfléchie et bien construite.
La qualité de l’enregistrement impressionne pour une autoproduction. Propre et harmonieuse, elle met en avant les guitares et les Moog Taurus, pour un rendu naturel et dynamique. Marc Ysenschmid à la basse et Michel R. à la batterie assurent une section rythmique sous tension et retenue efficace. Le climax de l’album se situe en son centre avec « Owl Man ». Joileah n’abuse pas de son chant, sait le placer où il le faut, pour lui donner plus de punch au moment de ses apparitions.

Soutenu par deux membres de Sleeping People Kasey Boekholt et Kenseth Thibadeau (également à l’enregistrement des voix et guitares) pour les instruments et voix additionnelles, Gletscher crée la surprise car de but en blanc, la première écoute n’est pas des plus folichonnes. Devout est pourtant un bon album qui grandit dans l’oreille progressivement, une fois abstraction faite des influences un peu trop présentes.

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