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29 Avril 2014

Univers Zero

Phosphorescent Dreams

par Aleksandr Lézy

Dans la sphère RIO, Univers Zero est une figure incontournable depuis 1974, date de sa création par Daniel Denis et Claude Deron. Précurseurs du « Rock de Chambre », le groupe n’a pas tardé à créer la sensation en 1977 avec son premier album 1313 dévoilant les traits d’une musique sombre, foisonnante par l’apport d’instruments du monde, de la musique classique, richement construite et totalement captivante à l’instar de Magma. Les albums se succèdent, déroulant les idées les plus iconoclastes, en totale opposition avec ce que le rock fait de plus commercial et vite digéré. Les line-up se bousculent puis, à la fin des années quatre-vingt, les Belges font une longue pause pour revenir à la fin du deuxième millénaire, retour appréciable : au moins les choses bougent pour Univers Zero.

Un album ne se faisant pas en claquant des doigts, UZ prend souvent son temps. Quatre années après le très réussi Clivages, Phosphorescent Dreams affiche des couleurs, des sons et une façon de faire déstabilisante au premier abord.
Avant de parler des bonnes choses, mettons les points négatifs en exergue. Cet album manque de vie. Sa production synthétique froide rend molle et difficile à écouter les sept morceaux qui le composent. Sans aller jusqu’à parler de logiciel jouant de très bons samples, c’est pourtant l’impression que ça donne. L’on regrette aussi cette audace et ce panache dont Univers Zero savait tant faire preuve. Les prises de risques sont là, mais vraiment minimes.
Daniel Denis est plutôt discret à la batterie même si son jeu reste remarquable. Les instruments à vent s’entremêlent, la guitare et la basse adoptent un jeu chirurgical sans jamais déborder du périmètre fixé. Quant au piano, il fait office de point de ralliement aussi bien harmonique que mélodique entre tous les instruments, une sorte d’entremetteur investi d’une mission capitale.
En fin de compte, il faut comprendre que Daniel Denis avec l’aide de ses nouveaux et jeunes musiciens prend le parti de créer une musique de plus en plus intimiste et moins oppressante qu’auparavant. A partir de là, les choses sont claires et il faut sans doute dépasser ce cadre là.

Il ne faut pas exagérer les traits non plus, Univers Zero reste fidèle à ses origines, créant une musique innovante, réfléchie et terriblement attirante, parfois espiègle comme dans « Rêve mécanique » dans lequel se cache un hommage à la fumée sur l’eau. On s’attend juste à plus de rebondissements, plus de moments emphatiques. Les morceaux sont bons voire très bons mais il leur manque à chacun ce grain de folie et de pesanteur propre au groupe, que peut-être seul le titre éponyme « Phosphorescent Dreams » arrive à surmonter. Voici l’exemple parfait d’un disque à savoir faire grandir dans son oreille et dans son cœur, aussi.

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