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14 Avril 2014

Regal Worm

Use and Ornament

par Aleksandr Lézy

Encore un disque de rock progressif anglais. Pas n’importe quel disque de rock progressif anglais. A vrai dire c’est même plus qu’un disque de rock progressif ! Regal Worm est la quintessence de tout ce qui s’est fait de mieux dans le genre depuis de nombreuses années. Il est donc de notre devoir chez Chromatique, de faire un point sur cet album Use and Ornament, haut en couleurs à y regarder la somptueuse pochette.

Derrière ce projet se cache un musicien, Jarrod Gosling, aussi membre du duo pop électro I Monster, dont les musiques ont été grandement reprises par le monde de la publicité télévisuelle. Ce n’est donc pas un petit joueur ni - ô soulagement ! - un imposteur, mais l’on peut néanmoins se poser la question suivante : pourquoi faire du rock progressif, monsieur Gosling ?
Une passion refoulée, un rêve inexploré dorénavant réalisé probablement, qui a poussé ce caméléon à pondre ce pur moment de bonheur. Tant de groupes passés à la moulinette, tant d’influences digérées qu’il est impossible de faire de comparaisons, tant elles seraient inutiles. Use and Ornament se suffit à lui-même et fait le lien entre rock progressif, Canterbury, musique électronique très subtilement implémentée … Beaucoup de synthétiseurs analogiques, une section rythmique en béton, très peu de guitare et énormément de cuivres !
C’est brillamment écrit et composé et ne tourne pas à la parodie. Regal Worm est à prendre avec sérieux car il s’agit ici d’un disque efficace, très homogène, avec des riffs créatifs, des ambiances joyeuses mais aussi sombres. Les structures des morceaux supportent des changements de riffs et de tempi dans la plus pure tradition, les vingt-six minutes de « 6.17PM The Aunt Turns Into An Ant » en sont la preuve évidente. Quant à la production assurément très propre et considérablement professionnelle, elle n’aura pas, et c’est peut-être là son seul tort, échappé à l’aide de l’ordinateur. Mais comme le dit si bien ce dicton : « Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. »

On a du mal à croire que derrière une musique aussi exigeante et rondement menée que celle de Regal Worm se cache en tout et pour tout une seule personne ! Bon allez, un peu plus, grâce à quelques amis venus prêter main forte. Alors que l’on ne l’attendait pas, voici un disque qui finalement remplit le contrat avec brio et panache à la place d’artistes réputés en manque d’inspiration et qui n’ont su relever le pari de la succession en douceur pour la plupart. Des années ruinées par de piètres efforts, comblées par un homme orchestre remportant la palme haut la main ! Salutations distinguées, monsieur Gosling.

Commentaires 

#1 WHITEBEAR 25-06-2017 14:03
Voici un album découvert grâce à "progstreaming" qui m'a laissé longtemps interrogatif : j'accroche ou pas ? Je voyais bien que finalement j'accrochais parce que j'y retournais souvent. Et au fil des écoutes, c'est devenu limpide. J'ai fini par en tomber amoureux. Les sensations bizarroïdes que génère ce CD sont assez rares. Pourtant, c'est bien ce qui devrait différencier les musiques dites "progressives" des autres, que de susciter des images mentales ou des sentiments intérieurs subtils et nouveaux. La musique de "Regal Worm" parvient à ce but et c'est pour moi un... régal. Pourquoi cela fonctionne ? Parce que Jarrod Gosling parvient à inventer quelque chose de neuf même si on peut penser au mouvement Canterbury (pour plus de détails, voir l'excellente chronique ci-dessus). Une énorme surprise pour moi. J'espère qu'il en sera de même pour vous.
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