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11 Avril 2014

Animals As Leaders

The Joy Of Motion

par Ancestor

Sibyllin, hybride et magnétique, le Djent m'enchante, me hante... Et ce nouvel album enfonce le clou encore plus profondément, avec une classe fracassante.

Animals As Leaders, morbleu, quel groupe de grands malades... Tosin Abasi en est le fondateur fou. Guitariste émérite, il rivalise ici de doigté avec Javier Reyes, un autre artiste remarquable. Ce duo, extrêmement éloquent, est propulsé par les baguettes de Matt Garstka, une pieuvre percussionniste insolente de virtuosité.

Cela démarre en trombe, avec « Ka$cade », où une palanquée de thèmes perforent l'atmosphère tels des ouragans enragés. Difficile de décrire cette frénésie, ces espèces de borborygmes excessivement rythmiques, ces soli acides et cinglants... Une effervescence qui semble presque pathologique tant elle marque cet album.

Néanmoins, en dépit d'une intensité de tous les instants, le disque croît en finesse au gré des pistes. Alors, de temps en temps, le jeu se calme un peu, mettant en valeur d’autres facettes. Une physionomie plus lumineuse, durant les incartades jazzy d’ « Another Year », lors des digressions en mode King Crimson eighties de « The Future That Awaited Me », pendant les hardiesses acoustiques de « Para Mexer ». De même, se révèle un côté plus sombre, plus lent, dans lequel les guitares se font peu véloces et plus torturées, le final assez horrifique de « Mind-Spun » en est un bel exemple. Enfin, immanquablement, des bruits insolites, des sons étranges d'autre part, éclosent sporadiquement, accentuant les temps, fignolant le discours.

Cette musique échevelée, si elle peut se schématiser en tant qu’assemblage homogène de boucles hétérogènes, n’en met pas moins en évidence une indéniable inspiration mélodique. Animals As Leaders nous balance là quelques secousses venues du futur, dans un disque hyper technique, à la fois jubilatoire et créatif.

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