coup de coeur
07 Mars 2014

Until Rain

Anthem To Creation

par Dan Tordjman

On en a fait mention dans notre reportage du dernier concert d’Andromeda à Paris, les Grecs d’Until Rain nous avaient fait forte impression. De facto, il allait de soi que votre webzine préféré couvre la dernière galette de cette formation ambitieuse et prometteuse. C’est non sans enthousiasme que l’auteur de ces lignes s’est jeté sur cet album. En gardant toutefois en mémoire qu’un groupe invité en première partie a souvent fait l’effet de soufflé. Comprenez par là, que l’enthousiasme suscité au moment du concert retombe très vite à l’écoute de l’album.

C’est pour cela qu’il a décidé de prendre le temps de se pencher sur cet Hymne à la Création et de digérer l’adrénaline avalée au Divan du Monde. Et bien lui en a pris car, cet album, sans pour autant déplacer les montagnes, est un excellent disque de metal progressif à la production soignée et au mix clair (merci Jens Bogren). Le premier mot qui vient à l’esprit est celui de consistance, tant la solidité des compositions le rendent savoureux. A l’image d’un gâteau pour lequel on éprouve une réticence à goûter, la première cuillère (ou le premier morceau, au choix) nommée « Brain Death », donne envie d’en reprendre. Encore et encore.

Et mine de rien, on se régale. Car les performances des musiciens sont vraiment remarquables. Chaque partie laisse entendre le soin et le détail nécessaires à rendre ces compositions goûteuses et accrocheuses, la preuve que l’on sent des musiciens appliqués. En citer un ne rendrait pas justice au rendement et à l’implication de ses collègues. Cependant, la guitare de Theodore Amaxopoulos mérite un coup de chapeau de par son efficacité et sa variété. Capable d’asséner des riffs lourds au possible sur « Brain Death », « Empty Helmet » ou au contraire aérienne et légère sur « My Own Blood » il y en aura pour tous les goûts. Mention spéciale au chanteur Yannis Papadopoulos dont le chant se situe quelque part entre Andy Kuntz et Kelly Sundown Carpenter. Du bon, vous avez dit ? Oui, oui, vous avez tout bon.

Difficile dès lors d’échapper à l’exercice imposé qu’est le titre épique. Le style est tellement exigeant qu’il en devient presque naturel. Il y a un peu d’appréhension quand on attaque le dyptique « The Clang Of Shields » ou le titre éponyme (dix-huit minutes au compteur), tant on espère que l’ingestion des influences se fera dans la fluidité, car on y retrouve des relents de Symphony X, Fates Warning, Vanden Plas et autres compositeurs de films. Mais les inquiétudes sont vite balayées par Until Rain. Non seulement les bougres savent être puissants dans leurs riffs et structures mais ils savent également jouer la carte de la mélodie. La preuve : la fin d’« Anthem To Creation » mérite à elle seule l’appellation d’orgasme sensoriel auditif, de véritable bonbon pour les oreilles. Bref, ça passe comme une lettre à la poste.

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour deviner que cet album mérite sa place dans votre étagère. Until Rain s’est réellement donné les moyens de ses ambitions entre des compos solides et une production massive. Un bon disque de Prog Metal comme celui-là ne doit pas passer inaperçu et ne doit pas rester recouvert de poussière dans les bacs. Alors qu’attendez-vous ? Les Firewind ou Sceptic Flesh n’ont qu’à bien se tenir, Until Rain déboule, reprenant le flambeau du prog metal grec là où feu-Wastefall l’a malheureusement laissé. Quant à vous, chers lecteurs, ce n’est pas parce que le groupe s’appelle ainsi qu’il faut attendre le déluge pour acquérir cette petite pépite !

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