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08 Janvier 2014

Fink

Fink and the Royal Convertgebouw Orchestra Live in Concert

par Christophe Manhès

Fink — Fin Greenall de son vrai nom — est un artiste curieux, diaphane pourrait-on dire, et dont chaque album puise dans la dimension chamanique. De fait, que ce soit blues, folk ou bien encore classique, sa musique sait distiller avec beaucoup de délicatesse et d’authenticité l'immanence du monde. Ce dernier album en est une nouvelle illustration. Live, il devrait rester dans la discographie de Fink comme une œuvre à part, consacrée à un étonnant pas de deux entre musique classique et musique pop.

L’album combine donc le répertoire de Fink à des reprises de musiques classiques de grands compositeurs comme Purcell, Rouse ou Ives. Ce qui nous donne un drôle de programme qui évite toutefois de tomber dans de mauvais travers grâce à une interprétation orchestrale saisissante. Ce Royal Convertgebouw Orchestra Live in Concert est avant tout une magnifique expérience sonore. On prend un plaisir indiscutable à suivre le chant porté par une formation classique, qui compte parmi les plus renommés au monde. Avec les arrangements de Jules Buckley, Fink y a trouvé le point d’équilibre qui convient en confiant à l’orchestre un rôle de soutien majestueux à sa voix presque trop blanche. Des compositions comme « Berlin Sunrise  », « Perfect Darkness » ou « Sort Of Revolution » en ressortent comme magnétisées.

Certes, on pourra toujours se demander ce que viennent faire des titres purement classiques posés à côté de chansons aussi dépouillées. Mais rien justement. Ils sont là pour le seul plaisir de l’expérience de faire concorder le temps d’une soirée la grande musique avec une musique pop simple et lumineuse. De là nait l'offrande, celle d'une subtile et imprévisible alchimie, servie qui plus est par une production à la hauteur des ambitions.

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