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23 Décembre 2013

Lalu

Atomic Ark

par Maxime Delorme

Lorsque l'on regarde le cast d'un album de Lalu, on ne peut s'empêcher de comparer le jeune Français au héro du progressif Arjen Lucassen. Il faut avouer que si ce dernier a une fâcheuse tendance à réunir la crème de la crème sur ses albums, la France n'est pas en reste avec Lalu. Oh que non ! Si le premier album de Lalu Oniric Metal avait su attirer l'attention de par son statut d'outsider, la Chromateam en attendait bien plus de ce second album : Atomik Ark.

Et on est tout sauf déçu à la lecture du cast. Martin LeMar (Mekong Delta) au chant, Mike LePond (Symphony X) à la basse, Simone Mularoni (DGM) à la guitare et … *roulement de tambour* : rien de moins que Virgil Donati à la batterie. Avec une telle affiche, on a de quoi attirer les yeux et les oreilles... même les moins curieux !

Lalu nous délivre comme sur l'album précédent un metal épicé mélangeant, comme l'étiquette progressive laisse présager, envolées énervées et somptueux arpèges, qu'il s'agisse de piano/claviers ou de guitares (notons le démarrage de « Mirror Prison »). La grosse surprise, c'est la sobriété de Donati qui se met au service d'une musique bien plus directe que ce à quoi nous a habitué le batteur Australien. Pas de fioritures, il suffit d'écouter la petite perle « Tatonka » pour s'en convaincre : c'est direct, parfaitement ajusté, et ça touche en plein dans le mille.

Nombreux sont les invités supplémentaires en sus du cast initial. Parmi les lurons venus taper le bœuf, il faut tout de même mentionner un Jordan Rudess qui, par ce genre de contributions, nous montre qu'il ferait bien de rester claviériste de session tellement son placement est parfait et très loin des agaçants soli de Dream Theater.

Si tous ces musiciens talentueux nagent en plein dans leur élément, il faut tout de même tirer son chapeau au liant, ce ciment qui recolle le tout ensemble. Vivien Lalu arrive à rester à la fois très discret et omniprésent sur ses pistes. Toujours en fond entend-t-on le son de ses nappes, claviers, interventions discrètes mais néanmoins indispensables. Au final, la musique nous rappelle évidemment Ayreon comme mentionné précédemment, ou les projets les plus sobres de Derek Sherinian, mais sans le déluge technique.

Si les morceaux s'enchaînent très rapidement (3:30 en moyenne), c'est pour mieux nous préparer au clou du spectacle : « Revelations », dernière piste de l'album et pas des moindres puisque s'étalant sur la bagatelle de 19 minutes ! Une plage dans le plus pur style metal-prog comme on peut les aimer. Des côtés épiques, des envolées, des accalmies, quelques lignes de basse particulièrement marquantes, un sacré travail sur l'atmosphère et un solo de Jordan Rudess (au piano) comme on aimerait en entendre plus souvent : digne du concertiste qu'il est. Cerise sur le gateau, ce morceau transcende complètement la production lisse mais irréprochable de l'album. On se rend compte que tout est ciselé avec précision : rien ne dépasse !

Bien évidemment, la performance n'est pas sans reproches. Il y'a un côté attendu dans les compositions qui laisse parfois l'auditeur un peu sur sa faim. Par moments, on en attend tellement plus des morceaux (pour citer à nouveau « Tatonka ») qui malheureusement s'arrêtent bien trop rapidement. D'un autre côté, et un peu paradoxalement, l'alternance rapide de morceaux donne une sensation de déséquilibre et d'hétérogénéité à l'album, là où l'on aurait préféré quelque chose de plus homogène. Qu'à cela ne tienne, si les reproches peuvent paraître abusifs, c'est probablement parce que Vivien Lalu a accroché une partie de l'équipe de Chromatique. Si cet album n'est peut être pas celui de la consécration, gardons bien un œil sur lui, car tôt ou tard, il y'a fort à parier que Vivien Lalu aura un statut particulier dans le monde du metal-prog français.

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