coup de coeur
08 Novembre 2013

Like Thieves

The Wolves At Winter’s Edge

par Dan Tordjman

L’annonce du départ de Clint Boge de The Butterfly Effect eut l’effet d’un micro-séisme, tout du moins en Australie : on se demandait dès lors ce qu’il adviendrait de la formation originaire du Queensland, avant de s’interroger légitimement sur les futures activités de son ex-chanteur. Si ses anciens compères sont encore silencieux (en dépit d’un DVD récemment sorti), Boge a, quant à lui, définitivement tourné la page, et entamé un nouveau chapitre avec Like Thieves. Avec cette formation articulée autour de quatre musiciens seulement, les Australiens ont adopté un mode opératoire clair et net : droit au but. Et pour ce faire, le chanteur a considérablement durci le ton, dans tous les sens du terme.

The Wolves At Winter’s Edge ne contient certes que cinq titres, mais il parvient à montrer la palette artistique de Like Thieves, cultivant au passage quelques paradoxes et mélanges que l’on pensait difficiles à obtenir. Ainsi, la guitare très heavy d’Oden Johansson (fan de Dimebag Darrell, cela ne fait pas le moindre doute) se marie sans problème avec la voix de velours de Clint Boge sur « Killing Reason » et « Echoes Of Time », sur fond de mélodies accrocheuses. Les deux compères sont bien accompagnés par une section rythmique implacable formée de Clint Doulgas Gough (basse) et Daniel Trickett (batterie). Au bout du compte, Like Thieves, c’est un peu Pantera qui aurait avalé un agneau entier, avec un Phil Anselmo qui, ayant oublié de mâcher, serait pris d’une indigestion l’empêchant de beugler.

Mais Clint Boge est un homme plein de surprises. Lui que l’on pouvait croire cantonné à un registre proche de Matthew Bellamy, sait également hurler, comme sur le titre éponyme qui pourrait à lui seul résumer la philosophie de Like Thieves : mélodique, puissant, lourd et direct. Le groupe semble en effet être à la recherche d’un équilibre entre passages minimalistes, épurés au possible et refrains à la fois entraînants et lourds (miam, miam, le refrain d’« In My Arms Till The End »).

En cinq titres ne dépassant pas les cinq minutes, les quatre lascars de Like Thieves parviennent à séduire et à exciter l’auditeur. Ne passons surtout pas sous silence la production énorme (notamment concernant les guitares), de bon augure pour l’album en cours de préparation (nous devrions en savoir plus dans un entretien prochain). Dans le genre, « je-fais-du-heavy-metal-grand-public-mais-toujours-bien-heavy », Nickelback peut prendre sa retraite car Like Thieves, marche sur ses plates-bandes. À ce stade, on peut même dire qu’il les piétine. Nous croyez vous, maintenant, quand on vous martèle que l'avenir du progressif passe par l'Australie ?

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