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02 Octobre 2013

Torquem

Ansiktet

par Christophe Manhès

À travers les premiers essais d’une jeune formation, il est toujours passionnant de tenter de discerner les lignes franches de ses ambitions. Pour frimer, pouvoir cracher « funk the word », ou, plus prosaïquement, pour passer le temps, les mauvaises raisons ne manquent pas de former un groupe. Les bonnes aussi. Avec Torquem, pas besoin de sortir les grands airs de chroniqueur perspicace, le frontispice de leur promo affichant clairement une envie de singularité. Amen. Ce sera donc de ce postulat – somme toute assez vague, l'originalité n'impliquant pas nécessairement une ambition artistique – que l’on pourra juger le fruit de leur travail.

Et, certes, au regard de leurs vœux les Parisiens de Torquem ont atteint leur but. Ce premier EP possède bien un ton à part, celui d'une musique sombre et impressionniste susceptible de séduire les amateurs de post-rock minimaliste et instrumental.

Trop vite associé au grand dessein d'une trilogie à venir, de ce coup d'essai ressort pourtant un manque de panache qui empêche la musique de Torquem de laisser une trace durable. Entre compositions compassées et mélodies monochromes traversées d'effets souvent inutiles, le tout se maintient malheureusement dans la catégorie des projets encore immatures qui auraient gagné à mijoter plus longuement dans la marmite. Déçu, mais intrigué par l'ambition sous-jacente d'un tel projet on attend tout de même l'opus suivant avec impatience. Comme le dirait la sagesse orientale, « c'est par le premier pas que l'on entame le chemin de mille lieux »…

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