:)
16 Septembre 2013

Sigur Rós

Kveikur

par Florent Simon

Kveikur est un nouveau départ pour le plus fameux des groupes islandais, toujours prêt à faire trembler la terre, et ce pour diverses raisons. Signé chez un label américain pour la première fois, la formation s’allège également de Kjartan Sveinsson pour muter en trio. C’est donc avec appréhension que le public abordera cette nouvelle oeuvre d’une formation à la musique tantôt rock, tantôt minimaliste, mais toujours éthérée et planante.

Penchons-nous premièrement sur la forme : la pochette laisse présager (à juste titre) une ambiance plus sombre encore qu’à l’accoutumée et la réduction du personnel suite au départ du clavier plonge le fan dans l’expectative. Côté structure, les neuf titres d’une durée moyenne de cinq minutes aux titres islandais organiques (« iceberg », « tempête », « soufre »...) vient renforcer l’idée que le ciel va nous tomber sur la tête. Il est temps maintenant de vérifier cela avec une lumière tamisée, quelques bougies, un bâton d’encens et un casque haute-fidélité !

Kveikur prend son prédécesseur à contre-pied en introduisant une énergie et une relative violence inhabituelle chez eux. Mettant en avant une rythmique enfin débridée, le nouveau line-up exploite effectivement mieux la basse et la batterie, sans pour autant détériorer l’aspect mélodique et coloré apporté par un Jónsi égal à lui-même.

La fameuse oxymore “changement dans la continuité” définit bien ce nouvel album aux accents familiers mais doté d'une assise plus franche qui minimise les prises de risques. Si « Brennisteinn » ouvre en effet le bal de manière puissante et rugueuse, l’auditeur se retrouve rapidement projeté sur des terres (islandaises) au paysage familier mais continuellement mouvant.

Attendu pour être l’anti-suite (ou le complément) du contemplatif et mitigé Valtari, cet album étonne encore autant qu’il prouve que l’âme du groupe est intacte, n’en déplaise aux puristes pré-Takk dont le public plus large fera fi. Kveikur envoûte par son côté plus direct et ses mélodies entêtantes, portés par des textures sonores denses et sombres. Une nouvelle vision du paysages islandais s’ouvre au monde et il serait dommage de ne pas se laisser charmer.

Commentaires 

#1 Two-suns 16-09-2013 21:23
Très jolie chronique ! Je partage ! :lol:
Citer
#2 FloSim 17-09-2013 11:30
Oh merci bien 2 suns!! ;-)
Citer

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir