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02 Septembre 2013

Various Artists

The Dutch Woodstock 1970

par Florent Simon

Ah… les années hippies ! Une jeunesse insouciante nourrie à la musique psychédélique et à l’acide, se retrouvant avec impatience dans les nombreux festivals de l’époque ! Qui aime les musiques progressives sait que tout a commencé en cette fin des années soixante, la créativité artistique qui l'animait n’ayant pour limite que la durée d’une face de vinyle, et pendant laquelle les festivals étaient la vitrine vivante de cette éclosion culturelle populaire. Suite aux nombreux concerts américains et anglais dont Woodstock représente l’apogée, certains pays européens se mirent a développer leurs propres événements.Celui qui s’est déroulé à côté d’Amsterdam du 26 au 28 juin 1970 réunit quelque cent vingt mille personnes qui se régalèrent d’une affiche aussi riche que variée. Entre autres, les Américains Santana, Canned heat, Jefferson Airplane, The Byrds, y côtoient les non moins prestigieux Soft Machine, Pink Floyd et autres East of Eden, tous immortalisés à l’époque dans le film « Stamping Ground ».

D’un point de vue historique, ce festival apporta aux Européens en peine la plupart des ingrédients typiques de son grand frère américain : apogée de l’anti-conformisme, pétards à gogo, baignades dénudées et chants Voodoo pour repousser le mauvais temps, tout y est ! L’annonce d’une réédition DVD / 2 CD fait donc naturellement naître à la rédaction une joie au moins aussi grande que celle d’un baba-cool découvrant un nouveau champ à champignons… Malheureusement si ce bijou nostalgique a tout pour plaire sur le papier, la déception va pointer le bout de son nez bien rapidement... L’annonce d’une réédition laissait espérer un nouveau montage, un son restauré et d’éventuels inédits. Avec son boitier crystal et son menu DVD très “2001”, augmentée d’une image trop légèrement améliorée et d'un son douteux, cette réédition n'a d'intérêt que pour remplir la dvdthèque du complétiste. Le plaisir qu’elle suscite est à la hauteur des limites technologiques (évidentes) de l’époque, mais la déception réside surtout dans le manque de travail effectué sur cette archive.

L’on ne retiendra donc pas les plans hasardeux sur les musiciens, le montage taillant en pièce certains morceaux et des séquences de remplissage sans intérêt (mention spéciale pour le survol en hélicoptère des champs de coquelicots et des moulins!), mais bien sûr les nombreux moments musicaux enchanteurs et planants. La sélection de pistes est dominée par de longs instrumentaux enflammés qui ne manquent pas d’emporter un public plus chanceux que nous. Mention honorable sera également portée aux quelques interviews des musiciens et les images volées en coulisses. Deuxième chance, le double CD apporte plus de promesses en compilant morceaux du film et inédits, mais hélas la joie est encore une fois de courte durée... Les inédits se révèlent anecdotiques et la qualité du son est plus que pauvre, au point de gâcher quasiment tout plaisir !

Le résultat est donc décevant pour cette compilation qui laissait espérer un travail plus abouti. Las, on rêve d’un triple CD qui aurait pu mieux reconstituer cette richesse et cette variété en proposant (rien que ça) les morceaux dans leur intégralité. En ces temps de dépassement technologique, n’est-il pas possible de donner à ces témoignages si importants une remasterisation digne de ce nom ?

Commentaires 

#1 alec 02-09-2013 09:34
Bien d'accord. Historiquement, c'est intéressant, musicalement, on rencontre le meilleur (Soft Machine, Pink Floyd, Trex, etc...), et le pire (Family). Côté son et image, c'est tout simplement nul.
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#2 vers 20-03-2015 12:59
Echangez sur ce gednre dde sujet c'est toujours interessant et agréable
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