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17 Juin 2013

Leprous

Coal

par Martial Briclot

Comment définir en quelques mots le mini-phénomène qu'est Leprous à un lecteur égaré qui aurait malencontreusement loupé le coche? Quelques repères dans un premier temps. Le groupe originaire de Norvège affiche une insolente jeunesse et trois albums au compteur, dans un style prog metal affranchi des poids lourds du genre. Revendiquant sans honte une parenté avec Ihsahn, il parvient à mêler des influences aussi diverses que le black metal ou la pop, tout en conservant un équilibre miraculeux. A force de persévérance, de tournées et de présence en festivals, la formule séduit les fans d’un genre où l’innovation n’est désormais plus qu’un lointain souvenir, ravivé de temps à autres par quelques rares illuminés...


Le successeur de Bilateral pose d’entrée les bases d’une approche musicale conjuguant avec bonheur lyrisme et minimalisme. « Foe » semble être en effet une parfaite synthèse de l’exercice déployé tout du long des huit morceaux de Coal : un chant versatile posé sur des rythmiques puissantes et lancinantes, mâtinées de motifs mélodiques obsédants jusqu’à l’excès. Comme le bien nommé « Echo » peut en effet l’indiquer, l’ensemble de l’édifice semble consacré corps et âme au soutien d’ostinati vocaux ou guitaristiques, le tout produisant un effet hypnotique déstabilisant lors des premières écoutes. Nous n’étions en effet pas habitués à la sobriété chez Leprous, friants de digressions stylistiques toutes les dix mesures, et sommes aujourd’hui face à un disque épuré sans être simpliste. Ce qui aurait pu passer comme un manque d’inspiration après deux albums débordants de générosité s’avère finalement être une incroyable prise de risque, payante, car passionnante de bout en bout. Un exemple simple pour illustrer cette témérité : il ne contient aucun solo de guitare. Oui, une sortie estampillée prog metal, en 2013, peut se permettre de n’afficher aucune branlette de manche, alors même que le groupe en question était auparavant plutôt doué en la matière. On oublie donc la pyrotechnie pour se plonger dans l’ambiance de crasse et de noirceur diluée dans une séance de transe totalement addictive. Par instants, une pépite émerge de cet ardent charbon, notamment lorsque « The Valley » se réapproprie un riff « djentesque » en y accolant un splendide refrain épique, le tout sur fond de nappes eighties, pour un résultat foncièrement original. Sur le dernier morceau, « Contaminate me », le virus atteint sa phase terminale grâce à un black metal progressif malsain à souhait. On y verra entre autres s’y mêler les complaintes désespérées d’un Ihsahn au sommet de son art et un solo de violon aux mélodies arabisantes.
Quelques autres fulgurances de cet acabit et une plus grande spontanéité auraient probablement permis à Coal d’accéder au statut d’album incontournable. En l’état, cela reste une excellente production de metal progressif, novatrice et personnelle, en résumé : une belle réussite.

Commentaires 

#1 petit pot bio 17-02-2017 09:21
Je vais essayer de creuser un peu plus sur ce sujet pour revenir commenter
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