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07 Juin 2013

Atoms For Peace

Amok

par Guillaume Chauvat

Atoms For Peace préfigure une nouvelle étape dans la progression et la démarche artistique de Thom Yorke, notoirement connu pour ses performances vocales au sein de Radiohead. Parallèlement à cette aventure, Thom s’est peu à peu lancé dans de nouvelles expériences musicales, marquées par des sonorités électroniques et synthétisées par son œuvre et celle de Nigel Godrich, producteur de Radiohead. Ainsi, The Eraser, album solo du chanteur/producteur, caractérisé par des mélodies plus épurées que le contenu habituel de Radiohead, a précédé Amok. Au-delà du titre d’une des pistes de The Eraser, Atoms For Peace en reprend l’ambiance, en y intégrant cette fois-ci une instrumentation plus riche. Thom Yorke est rejoint pour l’occasion par « Flea », bassiste de Red Hot Chili Peppers, ainsi que Joey Waronker (batterie) et Mauro Refosco (percussions).

D’emblée, l’album plonge l’auditeur dans un univers sonore contrasté, partagé entre une rythmique vive et obsédante et des nappes synthétiques traînantes qu’accompagne et relève la voie douce de Thom Yorke. Le système d’écriture choisi procède d’un motif apparaissant dès l’initiation de la piste, défini par une ligne de basse, un jeu rythmique ou encore un murmure électronique, décliné et répété tout au long du morceau. De ce procédé systématique hybride, instrumental ou synthétique, émerge la voix, qui fait office d’élément de premier plan : le jeu minimal et répétitif a en effet comme conséquence la mise en valeur du phrasé et du chant de M. Yorke.

Le choix du producteur de faire appel à des musiciens pour compléter sa palette technique est judicieux, au regard de l’évolution depuis The Eraser. La réalisation est propre, l’amalgame entre les différents intervenants est de qualité et l’on peine à différencier l’instrumental de l’électronique. Le résultat gagne en couleurs, à l’image de « Before Your Very Eyes », percutante et entraînante. Néanmoins, au gré des pistes, le procédé d’écriture systématique, se révèle parfois un brin lassant. Par moments, la répétition sans progression appauvrit le contenu, en atténuant quelques détails acoustiques, rendant certaines pistes un peu plates. À l’inverse, comme sur « Ingenue » ou « Stuck Together Pieces », la voix de Yorke fait la différence et définit bien Amok : un bel écrin pour une voix atypique.

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