coup de coeur
31 Mai 2013

Mombu

Zombi

par Aleksandr Lézy

C’est à peine croyable ce que l’on peut faire avec un saxophone baryton et une batterie, il suffit d’écouter respectivement Luca T. Mai (Zu) et Antonio Zitarelli (Neo) pour s’en rendre compte. Associés dans le crime en formant Mombu, les deux Italiens annihilent tout sur leur passage, avec leur décapant grind jazz ethnique.

Sorti dans un premier temps en 2011 sous le titre Mombu, le duo propose une nouvelle version de ce premier disque en vinyle sous l’appellation de Zombi. Un nouveau mixage, un nouveau mastering et un nouveau titre d’une reprise de Fela Kuti font de cette version une œuvre incontournable pour les amoureux de sensations fortes et des contrées de l’Afrique rythmique et aventureuse.
Mombu ou les inconcevables digressions sonores de deux musiciens fougueux : ça s’emballe et ça revient, c’est fait de tous petits riens, mais l’auditeur est renversé, chamboulé puis tour à tour dévasté et propulsé dans une euphorie proche du délire psychotique. Le vaudou prend possession du corps dans un rituel mystérieux, ésotérique et technique.
La batterie crée les bases de la danse tandis que le saxophone ramone de ses graves les plus profonds les tympans des fidèles. On retrouve évidemment des influences de Zu mais aussi du premier album de Fantomas ainsi que certaines circonvolutions sonores à la K-Branding.

Mombu n’est pas un groupe facile d’approche et ce ne sont pas les quelques rajouts de guitare saturée ou de voix malsaines incantatoires qui faciliteront la tâche. Zombi captive par son originalité, sa chaleur et son tempérament exagéré. Ce disque aux allures de cavalcade de rhinocéros enragés ne laissera nul répit, nul échappatoire. Une véritable leçon.

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