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28 Mai 2013

Materya

Case

par Pierre Wawrzyniak

Derrière le nom de Materya se dissimulent Andrea Stagni et Betty Copetta, respectivements leader/compositeur et choriste de la toute fraîche formation Altavia, au premier jet fort prometteur (Girt Dog). C’est avec l'aide de quelques sbires transalpins (dont Claudio Trotta, batteur des très méchants Deus Ex Machina) que nos comparses réalisent un album de pop progressive frais et superbement produit.

Stagni s’y illustre par sa parfaite compréhension de la pop anglaise des années 90 (Peter Gabriel, Kate Bush...), dans laquelle il puise une partie de son inspiration, sans pour autant tomber dans l’imitation pure. En termes de chant, l'homme s'efface la plupart du temps derrière la splendide voix de Betty Copetta, mais il se permet aussi d'intervenir, d’une voix de tête irréprochable à la manière d'un Sting italien. Les mélodies sont poignantes, adictives, et ont un goût de revenez-y. Au final, c'est un disque de ballades intimistes qui s'offre à l'auditeur. La section rythmique s'y fait rare et n'intervient que pour soutenir des envolées notables, qui se font souvent en terres progressives.

Multi-instrumentiste talentueux, l'ami Andrea a plus d'un tour dans son sac en termes d'arrangements : claviers, guitares acoustiques, électriques et autres harmonicas créent des palettes de couleur variées en arrière-plan d’un piano omniprésent. L'illusion d'un grand ensemble est quasi parfaite sur les plages les plus symphoniques, ce qui entretient une filiation avec les premiers Mike Oldfield. Mais chez Materya, les phases orchestrées restent intimistes, en témoigne «  Domenica », avec son très beau solo croisé de voix et de moog cosmique, réussite saisissante.

Truffé de bonnes idées, plein de d'émotions et pas péteux pour un sou, Case confirme l'émergence d'un compositeur/arrangeur de talent capable de toucher en plein coeur, Andrea Stagni.

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