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23 Mai 2013

The Tea Club

Quickly Quickly Quickly

par Jean-Philippe Haas

Si leur nom n’est pas forcément familier dans les cercles européens du progressif, The Tea Club n’en est pas à son coup d’essai, loin s’en faut. Avant de signer en bonne et due forme leur entrée en matière en 2008 (General Winter’s Secret Museum), ces musiciens du New Jersey avaient déjà derrière eux une tripotée d’EP. Cinq pour être précis ! Rabbit (2010) suit rapidement ce véritable premier album et pour rester sur ce rythme de production intensif, le bien-nommé Quickly Quickly Quickly voit le jour deux ans plus tard.

Bien que le climat général du disque évoque les figures vénérables du progressif dont The Tea Club fait sien les grands préceptes (avec peut-être une prédominance de Yes période Relayer sur la première moitié), on sent planer l’ombre de The Mars Volta, notamment sur le très long titre d’ouverture, « Firebears » : la frénésie de la batterie, la fréquence des ruptures et certaines postures vocales ne peuvent avoir été écrits qu’en compagnie du spectre des Texans. Puis soudain, alors que « The German Infant » empruntait peu ou prou la même voie, changement de décor : si on pressent une orientation vaguement post-rock, c’est l’acoustique, voire le pastoral, qui l’emporte sur « Mister Freeze ». Si le groupe retombe à peu près sur ses pieds avec « I Shall Consume Everything », il a indéniablement ébauché en l’espace de ces quatre titres quelque chose de neuf, d’inédit par moments, dans sa manière de traduire ses influences et de marier des tendances a priori peu enclines à sympathiser : densité sonore contre symphonisme délicat, par exemple. Si nos jeunes gens parviennent à mieux répartir leur souffle, alors ce qui ne demande qu’à surgir au grand jour, à se libérer définitivement des chaînes qui l’entravent encore, pourra prendre forme et faire entrer The Tea Club en première division.

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