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17 Mai 2013

Clinic

Free Reign II

par Guillaume Chauvat

A la folie.
Depuis sa formation en 1997, Clinic nous comble de ses sonorités complexes et torturées. Ce huitième album ne déroge pas à la règle, d’autant qu’on ne peut considérer Free Reign II comme une entité autonome, tant il tisse des liens étroits avec son prédécesseur de 2012, Free Reign.

Les deux albums partagent les mêmes textes, les mêmes titres (à l’ajout d’un numéro « II » près), et l’enchaînement des pistes est simplement inversé de l’un à l’autre. Serait-ce alors un simple album doublon ?
Ce constat n’inquiète qu’en apparence, car la trame sonore est, elle, transformée. L’équilibre et la qualité de cette réécriture sont dûs au talent du producteur electro Daniel Lopatin. Ce travail à deux têtes Clinic/Lopatin avait dans un premier temps mené à quelques pistes figurant sur l’album Free Reign, à l’image de « Miss You ». La proximité de langage ou l’effet de symbiose ressenti par les auteurs ont incité les musiciens de Clinic à prolonger cette collaboration, qui s’est finalement concrétisée par la réécriture totale de l’album par Mr. Lopatin. Ainsi est né Free Reign II, qui gagne nettement en cohérence. Il se démarque de son prédécesseur par une ambiance plus prégnante : le son est moins feutré, plus froid mais aussi plus plein, lointain écho des années 70, alimenté par les synthétiseurs vintage de ses créateurs.
Lopatin a retravaillé les détails de Free Reign, donné plus d’ampleur aux influences psychédéliques, renforçant les jeux d’écho, enrichissant toute la texture planant au-dessus de la composition, occupant davantage l’espace disponible, parfois jusqu’à étourdir. Le résultat en est des plus convaincants : Clinic nous donne rendez-vous entre la salle d’anesthésie et l’hôpital psychiatrique, nous guidant par les mélodies vibrantes et entêtantes qui peuplent l’atmosphère de Free Reign II.
Le tempo suivant globalement celui de Free Reign, on a affaire à l’une des productions les plus apaisées du groupe, malgré quelques éclairs comme « See Saw II », qui présente un visage plus simple et direct, tout en conservant cette part de douce folie présente tout au long du disque.

En guise de clôture de cette production en deux temps, Clinic offre le bien-nommé « Done And Dusted », ponctuation finale de ce bon travail de groupe. Il est néanmoins regrettable que la production de Free Reign II intervienne si peu de temps après la sortie de son frère jumeau : quatre mois seulement les séparent. Ce manque de recul ferait presque paraître l’album de 2012 comme une erreur de parcours, qui aurait rapidement été comblée par ce brillant Free Reign II.

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