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15 Mai 2013

Syzygy

A Glorious Disturbance

par Jean-Philippe Haas

Malgré une discographie réduite, les musiciens de Syzygy sont de vieux routards de l’Ohio qui évoluent dans la musique depuis la fin des années soixante-dix. Leur second album sous ce nom, The Realms of Eternity célébrait l’arrivée au chant de Mark Boals (Yngwie Malmsteen, Royal Hunt…). Forts de cette judicieuse recrue, les Américains ont enregistré quelques-unes de leurs apparitions qui reprennent vie aujourd’hui sur A Glorious Disturbance.

Si le groupe prend son temps pour sortir des albums, c’est probablement et avant tout à cause de la méticulosité dont il fait preuve. Ce témoignage live en est une nouvelle illustration : deux DVD et un CD remplis à ras bord réunis dans un joli digipack en triptyque. On comprend mieux pourquoi la niche du rock progressif est plus que d’autres préservée du déclin du support physique… Le premier DVD présente des concerts captés respectivement en 2009 au 3RP Festival et en 2010 au Day of Prog (les deux événements s’étant déroulés près de Pittsburgh en Pennsylvanie). En près de deux heures de spectacle, Syzygy reviste ses trois disques (dont l’un sorti en 1993 sous le nom de Witsend) et fait étalage d’un progressif typiquement américain, complexe tout en restant mélodique, interprété par des musiciens hors pair qui ne tolèrent pas l’approximation. Mark Boals n’est pas le premier chanteur venu, et son embauche n’est rien d’autre qu’un investissement de choix, quand d’autres groupes du genre traînent souvent un poids mort au micro. Le quinquagénaire a de très beaux restes, c’est un doux euphémisme, et renvoie aisément aux vestiaires bon nombre de chanteurs de rock de la génération suivante. Deux délicieuses friandises concluent le concert du Day of Prog : les reprises de « In The Dead of Night » (U.K.) et de « Burn » (Deep Purple) qui ravissent à la fois leurs interprètes et le public… Boals n’a pas à rougir face à Gillian et Wetton ! Côté réalisation, la mise en images est sobre, académique, avec peu d’effets spéciaux et le montage favorise le confort visuel en évitant un enchaînement trop rapide des plans. La qualité reste honorable compte tenu d’un budget forcément restreint, bien que légèrement inférieure sur la seconde capture. Le paquet a par contre été mis sur le son. Le mixage stéréo est sans défaut, et l’option 5.1 permet de constater la minutie avec laquelle le DVD a été réalisé.

Le DVD bonus contient deux entretiens (dont l’un, copieux, avec le guitariste Carl Baldassarre et le second avec Mark Boals), un documentaire sur l’écriture de The Realms of Eternity où les titres sont analysés par Sam Giunta (claviers) et Baldassarre, et une discussion sur la discographie du groupe sous forme d’un tour de table (il est vrai largement accaparé par l'envahissant guitariste sus-nommé), sur fond de soleil et d’océan. Si tout ce qui se dit là n’est pas franchement de la plus haute importance, il s’agit indéniablement - pour les anglophones - d’une précieuse source d’informations (et d’anecdotes !) sur l’histoire de Syzygy et sa musique. Quant au CD, enfin, il n’est rien d’autre que le compagnon sonore du DVD, amputé des quelques titres, capacité du support oblige.

On ne se moque pas du client, A Glorious Disturbance est un investissement obligatoire pour les amateurs du quintette, et très vivement recommandé pour l’inconditionnel de musique sophistiquée désireux d’entrer dans l’univers de cet excellent représentant du prog américain.

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