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04 Avril 2013

Citizen Cain

Skies Garden

par Pierre Wawrzyniak

N'y allons pas par trente six chouquettes : il y a un regain d’intérêt et de productivité dans le monde du progressif symphonique. Cette fois ci, c'est Citizen Cain, monolithe neo-prog des années quatre-vingt-dix, qui nous revient avec un album pour le moins passionnant. A la première écoute, le bien nommé Skies Garden se vit comme un petit voyage dans les terres du Genesis de l'âge d'or. Cependant, on est rapidement saisi par la richesse et la densité des compositions, la qualité de la production et le niveau des musiciens.

Le trio britannique ne copie pas mais crée un répertoire personnel, habité d'une identité propre et à des années lumières de la démarche des facs-similés tels que The Watch. Rien de ce qui est joué n'est facile et ne repose sur des formules éculées. Tordue et puissante, leur musique aime se perdre dans des suites d'accords riches et des discours rythmiques surprenants. Pour s'en convaincre, l'auditeur pourra jeter une oreille à l'incroyable thème joué de consort à la basse et au moog dans « The Hunting Of Johnny Eye/Trapped By Candlelight », climax d'imagination. Les enchaînements sont bien pensés, parfois pyrotechniques et à la mesure de l'incroyable quantité de boulot abattue par le groupe. Au final, bien incapable est l'auditeur de deviner ce qui va lui tomber sur le coin du tympan. Citizen Cainest un groupe intelligent qui n'usurpe pas l'étiquette progressive.

Skies Garden repose sur l'équilibre ténu entre l'innovation brute et le recours à l'efficacité brute. Évidemment, les instruments utilisés créent une facture de son genesisienne. Libre à la communauté prog de savoir écouter la musique au delà de l'instrumentation et de la typologie sonore. On tient ici une contribution forte.

Le groupe annonce sur son site des rééditions remastérisées et enrichies de leur albums précédents pour les prochains mois.

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