coup de gueule
29 Mars 2013

My Soliloquy

The Interpreter

par Florent Canepa

Il est des moments où l’on n’a pas grand chose à se mettre entre les oreilles et l’on devient tolérant. Et puis, parfois, on sait très vite que l’on n’aura pas la patience requise. Que dire donc de My Soliloquy ? Plantons le décor : nous sommes en terres metal progressives à consonance power et légèrement (hum) symphonique. Comme Symphony X ou Evergrey finalement. Mais là s’arrête la comparaison.

Le chant fatiguant, parfois ridicule, les tierces poussives, les riffs éculés, les claviers inintéressants et répétitifs : tout y est, mêlé dans une production pataude qui gère les transitions comme ma grand-mère tond son gazon, sauf qu’elle a l’excuse de l’âge. Même les soli héroiques frisent l’impuissance et la fausseté (« Corrosive De-Emphasis »).

Oui, My Soliloquy ressemble à du mauvais sexe. Mécanique, maladroit, tout sauf sensuel. Ca et là jaillissent des débuts d’idées qui électrisent un peu les sens, notamment sur la fin de l’album car il était temps. Mais nous pouvons presque nous amuser à les compter (« Six Seconds Grace », justement). On préfèrera le Crimson Glory des débuts et son mixage poussif. Ou les moments speed de Loudness et Helloween au pire de leur forme. Quand ça se calme sur le dernier titre, ce n’est pas plus glorieux (mais pas forcément pire, comme quoi, on sait être magnanime).

Au final, on se sent atrocement seul dans le désespoir de l’écoute et l’on se dit qu’aucun autre chroniqueur n’aura peut-être pris le temps d’écrire des lignes sur un jeune groupe qui doit encore prouver son talent. Et là arrive le coup de grâce…Le groupe britannique existe depuis déjà dix ans. Laissons donc ce petit monde soliloquer car effectivement, il ne semble parler qu’à lui-même.

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