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28 Mars 2013

T

Psychoanorexia

par Guillaume Chauvat

Derrière la lettre « t » se cache Thomas Thielen, multi-instrumentaliste de talent, qui nous offre une quatrième preuve de sa belle palette technique au travers de Psychoanorexia, trois ans après la sortie d’Anti-Matter Poetry.

Les quatre pistes de Psychoanorexia sont imprégnées d’influences variées, allant de Genesis à Marillion. Cette synthèse se révèle peu à peu dans toute sa complexité sous la forme d’une douce schizophrénie interprétée par toute la gamme d’instruments que maîtrise Thomas Thielen.
La teinte dominante couvre l’album de mélancolie, générée notamment par le jeu du piano, du chant. Le recours à des effets de nappe, aux échos et à quelques parasites récurrents, anime ce sentiment.

Néanmoins, si la maîtrise technique et la recherche dans l’instrumentation sont bien présentes, le résultat est parfois inégal. La longueur des pistes devrait permettre une progression, des variations, à partir d’une idée génératrice. C’est ce qui est produit de belle manière dans le premier élément, « The Aftermath of Silence ». A l’inverse, cette élégance de composition s’atténue dans la piste suivante, « Kryptonite Monologue », s’effaçant en une succession d’ambiances manquant parfois de liant. Les transitions sont alors brutales, voire inexistantes.
Le chant est symptomatique de cet état, tant il se veut changeant. Accompagnant l’atmosphère, la voix s’envole, vibrante, dans des élans de lyrisme, parfois chassée par un phrasé plus saccadé, ou par une belle basse. Sans être déplaisante, la voix est utilisée dans trop d’ambiances différentes sans que le résultat soit une constante réussite. Sa présence se fait même gênante quand elle superpose ses effets techniques à un accompagnement musical déjà chargé.

L’exercice solitaire est une activité périlleuse dont l’auteur se tire à bon compte, et cela depuis quelques albums déjà. Les intentions de Thomas Thielen sont généreuses. Il en va de même pour la débauche d’énergie qui a généré Psychoanorexia, malgré sans doute un excès de complexité qui nous fait oublier que l’auteur est seul aux commandes mais rend l’écoute ardue. Sommes toutes, l’album est propre, les mélodies, agréables et originales, sortent des conventions habituelles et se distinguent de beaucoup d’autres compositions contemporaines au son par trop stylé.

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