coup de coeur
25 Mars 2013

Spock's Beard

Brief Nocturnes And Dreamless Sleep

par Dan Tordjman

La situation à laquelle nous « confronte » Spock’s Beard fait office de « Déjà vu ». Ce n’est pas la première fois en effet que les Californiens nous placent devant ce genre de fait, à savoir le départ d’un membre éminent. Quand Neal Morse, véritable tête pensante du groupe quitte le navire en 2002, on ne donne pas cher de la Barbe. Celle-ci a prouvé, quatre albums studio et autant de tournées plus tard, que le poil était toujours aussi lisse et brillant. Or, Nick D’Virgilio ne pouvait plus jongler entre son statut au sein du groupe et celui au Cirque du Soleil. Son départ était donc devenu inéluctable.

Pour le remplacer, Alan Morse et consorts ont recruté Jimmy Keegan derrière les fûts (déjà présent depuis 2003) et surtout Ted Leonard d’Enchant que l’on a pu voir en exercice lors du High Voltage 2011. Forcément, cette association a suscité des attentes et des questions. Ted Leonard est-il le bon choix pour ce Spock’s Beard Mark III ? Réponse à priori positive, même si les premières secondes de « Hiding Out » font forcément penser à Enchant. Les doutes ne persistent que le temps de quelques mesures et sont très vite balayés par la suite. Sa voix est claire dans la continuité de celle de Nick D’Virgilio. On remarquera que l’intégration de Leonard est notable puisqu’il signe deux titres qui collent à l’esprit de Spock’s Beard. Cette capacité à naviguer entre titres complexes et compositions plus directes, plus carrées sans pour autant se compromettre musicalement est à saluer. Comme le dit Jimmy Keegan dans notre entretien (à paraître), c’est la concision des morceaux qui est à remarquer ici. Exception faite de « Waiting For Me » co-écrit par Neal Morse et dont la structure rappelle irrémédiablement « At The End Of The Day », on oscille globablement entre cinq et huit minutes.

Comme d’habitude chez Spock’s Beard la folie fait bon ménage avec le calme. Ainsi, on appréciera « I Know Your Secret » qui fait cohabiter les deux mondes, et « Down A Burning Road » hommage déclaré à Queen et au Floyd. Si l’on pinaille un peu on regrettera le manque d’exubérance sur les parties en canon d’« Afterthoughts ». Heureusement que le refrain rattrape vraiment le coup, sans quoi ce serait vraiment le titre le plus faible du groupe.

Comme dit plus haut, les doutes sont donc levés sur la survie de Spock’s Beard après le départ de Nick D’Virgilio. Sur Brief Nocturnes And Dreamless Sleep, les Américains prouvent qu’ils n’ont pas évolué à rebrousse poil et se portent même très bien. Les plus exigeants – il y en a toujours – regretteront peut-être l’absence de prise de risque. Mais cet album pose – pour la deuxième fois – les bases d’un nouveau virage dans la carrière du groupe, avec l’arrivée de deux nouveaux membres qui seront pleinement impliqués dans l’écriture d’un prochain album. Espérons que celui-ci reste spontané et qu’il nous évite d’écrire une chronique tirée par les cheveux.

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