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12 Mars 2013

Manning

Akoustik

par Jean-Philippe Haas

A l’image de Neal Morse ou de Roine Stolt, Guy Manning est l’un de ces stakhanovistes du prog’, incapable de passer une seule année sans sortir un disque. D’aucuns auraient laissé les Muses se reposer un peu mais le successeur de Margaret’s Children n’était prévu que pour 2013, et l’ex The Tangent venait de donner une série de concerts acoustiques : quoi donc de plus logique que de combler le vide avec …un album unplugged constitué de relectures de son propre répertoire.

Notre besogneux musicien a ainsi balayé la quasi-totalité de son œuvre, délaissant naturellement les compositions trop longues et inadaptées à ce traitement, pour ne choisir que des « chansons » à proprement parler. « Acoustique » est toutefois un grand mot, car comme le précise lui-même le boss, la règle du jeu consistait pour le groupe à n’enregistrer que des parties reproductibles sur scène, sans le moindre overdub. Résultat : beaucoup de guitare classique, quelques claviers, de la flûte et une section rythmique discrète. L’instrumentation très folk louche çà et là vers le Canterbury, voire les côtés les plus champêtres de Jethro Tull. La voix de Guy Manning s’adapte sans difficulté à un genre nettement moins emphatique que celui qu’il pratique habituellement, à tel point qu’on lui suggérerait presque de persévérer dans ce style. En un mot, si on pouvait douter de la pertinence de l’idée de départ, il faut se rendre à l’évidence que l’album est plus que simplement « plaisant », il contient aussi des adaptations très réussies comme « A Place To Hide », « Silent Man » ou « Castaways ».

Akoustik arrive à point nommé et donne l’occasion à Manning mais également à ses fans de s’octroyer une petite récréation après une série ininterrompue de sorties annuelles – et inégales - depuis 1999. Une pause digestive qui permettra en outre à ceux qui n’étaient pas vraiment friands du bonhomme de le redécouvrir sous un jour différent.

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