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25 Février 2013

Lo-Fi Resistance

Chalk Lines

par Jean-Philippe Haas

Fondateur de Lo-Fi Resistance, le jeune guitariste et chanteur Randy McStine signe avec Chalk Lines son deuxième disque après A Deep Breath en 2010, qui révélait déjà une précoce maturité d’écriture. Nick D’Virgilio (Le Cirque du Soleil, ex Spock’s Beard) ne s’y était d’ailleurs pas trompé en participant activement à son enregistrement. Pour cette seconde réalisation, notre artiste multi-talentueux s’est encore bien entouré, et notamment de membres de Porcupine Tree (Gavin Harrison, batteur attitré, et des contributions de Colin Edwin et John Wesley). L’album est co-signé par Dave Kerzner, impliqué dans la composition, l’interprétation (claviers) et la production.

Pour l’essentiel, il s’agit d’un rock mélodique et sophistiqué, parfois très nerveux, partageant de nombreux points communs avec It Bites, Rush ou Kevin Gilbert. Le casting aidant peut-être, il présente aussi des analogies avec le groupe de Steven Wilson (« Isolation »). Mais là où le Britannique a toujours privilégié ses premières amours psychédéliques, le jeune Américain incorpore les influences hard/blues et AOR issues de sa mère-partie. Histoire de montrer qu’il a été élevé au prog’, McStine place quelques ruptures adroites et finit comme il se doit sur un titre ambitieux plutôt réussi qui frôle le quart d’heure (« Face Another Day »). Sa voix de pur rockeur FM, avec toute l’emphase que cela implique, devrait en outre faire des ravages dans les rangs des amatrices de rock raffiné, surtout lorsque celui-ci tourne à la ballade pop folk acoustique (« I Move On »).

Varié et habilement produit, captivant et bien chanté, Chalk Lines a tout pour devenir un millésime dans la catégorie « Art rock moderne et bien fichu ». Comme nombre d’albums peu médiatisés du même acabit, le seul obstacle susceptible d’empêcher son ascension est le risque de noyade au milieu d’une production pléthorique et la plupart du temps médiocre.

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