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18 Février 2013

Francis Décamps

revisite Caricatures

par Jean-Philippe Haas

L'exercice qui consiste à réenregistrer un album pour le moderniser peut s'avérer une périlleuse entreprise. Redonner un peu de verdeur, corriger quelques défauts, améliorer la production, tout cela part d'un bon sentiment, à condition de s'en donner les moyens et de ne pas trahir l'esprit de l’original. Ce dernier aspect ne concerne pas Francis Décamps puisqu’il a lui-même contribué à l'écriture de Caricatures. Sur la forme, par contre, il est légitime de questionner les choix de l’ex Ange. En effet, si cette œuvre de jeunesse au caractère bien trempé reste très inégale et souffre d'une qualité d'enregistrement plutôt faible, sa réinterprétation méritait peut-être quelques moyens supplémentaires.

Car Décamps fait quasiment cavalier seul (relevons tout de même la participation de Dominique Leonetti, guitariste de Lazuli) et de ce fait se voit contraint de composer avec l’absence d’un batteur. Gérard Jelsch est ainsi remplacé par…une machine. Et la boîte à rythmes, même adroitement programmée, ne convient décidément pas au genre théâtral popularisé par Ange. Le meneur de Gens de la Lune tient aussi le micro en lieu et place de son frère. Il n'a toutefois pas cherché à singer le style éminemment affecté de Christian et livre sa propre interprétation vocale, qui plaira ou non. Pour le reste, l’inimitable musicien a respecté l’intégrité physique de la version de 1972 de Caricatures, en y apportant simplement une instrumentation plus actuelle. Une petite surprise se cache par ailleurs sur le disque : Tristan, le neveu de Francis (et fils de Christian) vient pousser la chansonnette sur « Dignité », avec Jean-Philippe Suzan (Gens de la Lune) aux chœurs, ce dernier donnant également de la voix sur le titre éponyme.

Malgré tout, une vague déception persiste, car si le travail est plus qu'honnête, on ne peut s'empêcher de penser que Décamps avait sous le coude d'excellents musiciens pour l'épauler, et qu'il y a peu fait appel. Cette relecture conserve toutefois un intérêt non négligeable : faire découvrir aux jeunes gens un album méconnu et plein de bonnes idées, relégué dans l'ombre de monuments comme Au-delà du délire et Par les fils de Mandrin.

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