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01 Février 2013

Corvus Stone

S/T

par Jean-Philippe Haas

Corvus Stone est le projet un peu f(l)ou du claviériste finlandais Pasi Koivu. Pour le concrétiser, celui-ci a recruté çà et là des musiciens, dont le guitariste Colin Trench (BunChakeze), le seul dont le nom puisse éventuellement évoquer quelque chose à notre lectorat. Passée cette étrange sensation, qui se dissipe après trois ou quatre titres, qui laisse à penser qu’il n’existe ici aucune direction précise, on s’attache assez rapidement à cette boîte de chocolats dans laquelle des Mon Chéri périmés voisinent avec des truffes d‘artisan pâtissier. Il n’est guère possible de décrire avec exactitude en quoi consiste ce patchwork musical qui doit autant à Deep Purple et à Zappa qu’au générique d’un téléfilm de SF bon marché. La faute à un mixage parfois hasardeux ou à une interprétation pas tout à fait carrée ? Toujours est-il que Corvus Stone sert aussi bien du jazz-rock mené par le Hammond (« I'll leave it all behind », « Moustaches in Massachussetts ») que de la pop gentillette (« You’re So Wrong »), de la musique de film (« Scary Movie ») ou de foire, sans queue ni tête (« JussiPussi »), ou encore un solo de batterie (« The Rusty Wolff Attack ») ! Plus généralement, il s’agit de rock progressif instrumental de facture honnête. On ne tentera donc pas de percer le mystère du concept qui se cache derrière ce disque (si tant est qu’il y en ait un), car l’impression que les compositions partent un peu dans tous les sens (cf le livret !) reste très présente, pour le meilleur et parfois le pire, mais toujours avec humour et bonne volonté. « Cinema » est peut-être le seul titre qui tente de se maintenir sur les rails d’un vieux hard prog symphonique des années soixante-dix. Tout bien considéré, on peut décemment supposer qu’avec davantage de cohésion dans le processus d’écriture et d’enregistrement, Corvus Stone pourrait fort bien devenir beaucoup plus grand !

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