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22 Janvier 2013

Hemina

Synthetic

par Renaud Besse Bourdier

Le label Nightmare Records est un habitué du rock progressif à la sauce power metal, et ce n'est pas le groupe Hemina qui va déroger à la règle. Cette joyeuse bande d'Australiens sort quatre ans après sa formation en 2008 un album concept de près de quatre-vingts minutes, mixé au Danemark par Tommy Hansen (non, pas l'acteur pornographique gay tchèque, le producteur on vous dit, m'enfin).

L'ange déchu de la pochette est au cœur de l'histoire de Synthetic : condamné à vivre sur Terre sans savoir pourquoi, enfanté dans ce monde par une mère humaine violée, il découvre la vie des mortels et ses tourments. L'album raconte donc sa quête désespérée de réponses à son existence terrestre ; le ton est comme on pourrait s'y attendre, très noir.

En somme, c'est un roman gothique à l'ancienne. Les compositions du groupe sont surtout portées par les riffs power metal et les arpèges des guitaristes Douglas Skene et Mitch Coull, tandis que les synthés de Phill Eltackchi apportent tantôt une touche de rock prog rétro, tantôt l'émotion du piano classique. Les musiciens sont tous très capables, mais prennent ici le parti de mettre leur technique au service de la mélodie et d'éviter les démonstrations gratuites. Les passages instrumentaux sont pléthores et chaque piste ou presque comporte des passages qui ont de quoi surprendre (agréablement) l'auditeur. Ils forment le gros point fort Synthetic avec les épanchées lyriques du chant de Douglas Skene, accompagné dans les chœurs par tous les autres musiciens.

Le seul vrai défaut de ce premier LP de Hemina, c'est sa longueur : quatre-vingts minutes, c'est trop pour une musique de cette sorte, et au bout d'un moment l'oreille décroche, surtout durant les treize minutes de la dernière piste «  Divine  », pourtant conclusion épiphanique de l'aventure de ce pauvre ange déchu.

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