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18 Janvier 2013

Eivind Aarset

Dream Logic

par Aleksandr Lézy

Il y a de la poésie dans l’inextinguible infini, cet espace sans limite duquel on ne peut se défaire, voire s’extraire sans causer un effet en chaîne démesuré. Dream Logic, sixième album solo, premier chez ECM après avoir été de tout temps chez Jazzland, démarre une nouvelle prise de position encore plus marquée pour l’indicible, le murmuré, le chuchoté … A se demander pourquoi Eivind Aarset prend autant de précautions pour ne pas réveiller et perturber la conscience de celui qui s’invite aux confins de cette odyssée onirique.

Guitariste norvégien de renom, Eivind Aarset s’inscrit dans la droite ligne du nu jazz ; cette artère dépoussiérée de toute connotation musicologique propre au jazz du vingtième siècle. Ici, l’électronique, même si elle est utilisée à une échelle quasi imperceptible, marque le début d’une nouvelle ère. Dans une langoureuse poussée d’atomes, cet exterminateur de particules recrée l’apesanteur, la suspension auditive, celle qui ne connaît jamais de soubresauts ni de temporalité. Les sons s’échappent, se dissipent dans des mouvements funestes dès qu’ils apparaissent, c’est la création de l’univers.

La plénitude qui se dégage de ce nouvel album atteint un tel degré qu’il est difficile d’en décrire toute la subtilité. Certains ne seront pas sensibles à ce charme d’une beauté déconcertante et à ce calme plat mystique. Pourtant, dans ce monde où la course au toujours plus fait rage, qu’il est bon de retrouver cette recherche d’origine du monde, cette créativité où l’infiniment petit prend le pas sur l’infiniment grand. Un retour aux sources de la musique pour laquelle un silence s’apparente à une note, un son …

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