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15 Janvier 2013

Steve Thorne

Crimes & Reasons

par Jean-Philippe Haas

Et de quatre. Avec une belle régularité depuis 2005, Steve Thorne a produit des albums de grande qualité, mêlant pop rock et sophistication. Le cinquième sera le dernier, si on en croit son site officiel. En attendant cette ultime œuvre déjà en cours d’enregistrement, penchons-nous sur cet avenant Crimes & Reasons. La liste des invités, déjà impressionnante sur Emotional Creatures : Part One s’est stabilisée au fil du temps autour de certains inamovibles : Tony Levin, Nick D’Virgilio, Gary Chandler, Martin Orford et Bob White. Un peu plus énergique que par le passé, la musique de l’homme-orchestre, si elle ne cède pas à la tendance généralisée qui consiste à saturer systématiquement les guitares, sait néanmoins s’énerver occasionnellement, comme sur l’hypnotique « Already Dead » marqué par Porcupine Tree. Pour le reste, on retrouve les mêmes arrangements subtils, les mêmes belles mélodies et la même réjouissante variété sur ce disque, qui jouit d’une production toujours aussi « propre ». Pas plus cette fois-ci que les précédentes, on ne criera au génie, mais les amateurs de Steve Thorne n’en ont cure et se contenteront largement de ses belles chansons, aux rythmes variés, plutôt recherchées dans l’ensemble à défaut de transcender les codes, taquinant même – très sagement - le prog par moments (« Moth To Flame », « Distant Thunder »). Le relatif académisme de la musique ne doit toutefois pas faire oublier que notre homme utilise ses jolis écrins pour s’exprimer sur des thèmes biens moins engageants : la guerre, le pouvoir des médias, de l’argent, le découragement… Dommage que le progueux moyen n’ait généralement cure des paroles, car l’album gagne en intérêt si on daigne un tant soit peu s’y intéresser.

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