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07 Janvier 2013

Riverside

Shrine of New Generation Slaves

par Florent Canepa

La nouvelle année offre son lot d’attentes en matières discographiques et Riverside ouvre le bal progressif car, après l’engouement suscité par les Polonais, il est difficile de ne pas voir cet album comme un cadeau échoué après l’heure des fêtes. Bénéficiant d’une formation identique à Anno Domini High Definition, Shrine of New Generation Slaves se distingue en revanche fortement de son prédécesseur métallisant. Ici, à l’image de cette tendance de fond que ne renieront pas Opeth ou PoS, on plonge dans l’univers ouateux du progressif heureux des années soixante-dix. L’intelligence des compositions est révélée dans la lumière des atmosphères calmes. « The Depth of Self Delusion », mélodiquement imparable, en devient jouissif. « Deprived », saxophone à l’appui, rappelle fièrement les premiers Porcupine Tree. Au détour de certains morceaux, on se rappelle soudain la puissance de l’héritage (Deep Purple ou Uriah Heep en tête sur le morceau d’ouverture) quand rhodes et hammonds rugissaient dans les lampes. La transposition aujourd’hui apparait alors parfois plus chétive que lorsqu’elle s’exprime dans la douceur. D’autant plus qu’au rayon des bonnes nouvelles, le sucre ne provoquera aucune indigestion, bien au contraire (« We got used to us », une bien belle ballade pour les amateurs, dans le piano et dans le texte).

Les problèmes arrivent quand on se frotte à ce genre maîtrisé par des machines comme Transatlantic : la grande pièce épique retro. « Escalator shrine », du haut de ses douze minutes (pas si long finalement comparé au sus cité), laisse à entrevoir une progression intéressante mais dont le chemin est tellement pavé qu’on s’endort presque pendant le trajet... Mariusz Duda, entre Gilmour et Akerfeldt, épate finalement plus par ses lignes de basses fantastiquement pensées. Sa sobriété vocale fait mouche la plupart du temps mais un surplus d’énergie à quelques carrefours aurait été bienvenu. En premier lieu sur « Celebrity touch », riffé à mort et s’éteignant dans un presque post rock ou le marillionesque « Feel like falling ». Qu’on ne se méprenne pas, ce cinquième album constitue donc un bon chapitre, mais qui apporte finalement un peu moins car, empli d’influences visibles, il en perd une forme d’identité.

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