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24 Décembre 2012

Lind

Systematic Regulations Part II - The Glass House Theory

par Jean-Philippe Haas

Amis du metal extrême, c’est avec gravité qu’il me faut vous l’annoncer : vos oreilles vont à nouveau être vivement sollicitées. En effet, Andy Lind, qui avait déjà gratifié vos délicates écoutilles d’un Profoundly Felt Reality aussi violent que désespéré en 2009 revient vous parler poésie avec Systematic Regulations Part II - The Glass House Theory. Ce nouveau disque du batteur/bassiste/hurleur allemand risque de faire gentiment passer Meshuggah pour une bande de pisse-froid timorés.

Ce concept-album vertigineux de noirceur enfonce le clou planté par son prédécesseur. Lind accorde peu de répit aux bûcherons en herbe qui auront eu la témérité de se frotter à cette débauche de décibels, où les saccades rythmiques vont de paire avec le chant tantôt clair, tantôt hurlé ou trafiqué. Renforcé par l’impressionnante et inhumaine virtuosité des musiciens, ce cauchemar industriel accueille une fois de plus la guitare de Jan Zehfeld (Panzerballett), fidèle complice dans la destruction méthodique des tympans.

A l'instar de « Shades », où un semblant de chant et de mélodie offre une petite escale sur laquelle la brutalité n’est que sporadique, quelques intermèdes – les « drop » - permettent néanmoins de reprendre une respiration ou deux avant la prochaine rafale meurtrière. « ZZX » donne même l’occasion d’entendre un soupçon de saxophone et de clarinette entre deux explosions. C’est d’ailleurs dans sa seconde moitié que l’opération terre brûlée révèle des subtilités autres que les aspects purement techniques. Mais pour l’ensemble, on est en plein déluge sonore de tech metal assaisonné d’électronique, où les syncopes de guitares disputent la mainmise aux breaks de batterie.

Il y aura sans nul doute une paire de puristes de l'extrême pour crier au génie. Et d’une certaine manière, ils n’auront pas tout à fait tort. Il faudra néanmoins faire preuve de détermination - et d’un brin de masochisme – pour avaler cet album d’une traite. On souhaiterait qu’à l’avenir, Andy Lind mette son indéniable talent au service de quelque chose de plus… digeste ?

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