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31 Octobre 2012

Twelfth Night

Live And Let Live – The Definitive Edition

par Jean-Philippe Haas

Les disques ayant bénéficié d’une double chronique chez Chromatique se comptent sur les doigts d’une main : Dream Theater, Marillion et quelques autres. Alors accorder cet insigne honneur à Twelfth Night, groupe mineur et méconnu, qu’est-ce à dire ? L’insistance évidente du rédacteur n’est probablement pas étrangère à ce traitement de faveur, certes, mais le statut de live de référence que cet enregistrement véhicule dans le microcosme du prog’ des années quatre-vingts pèse au moins aussi lourdement dans la balance. Ces éloges sont-ils justifiés ? Complètement exagérés ? Les avis sont partagés, mais les faits sont là : avant cette version « définitive », réalisée par Festival Music, l’album sorti pour la première fois en vinyle en 1984 était déjà ressorti deux fois en CD (sans compter deux rééditions coréennes, 33 tours et CD) avec divers bonus, en 1993 puis 1996. Pas mal pour une obscure formation de rock progressif, non ?

Les superlatifs qui qualifient cette prestation scénique peuvent paraître excessifs pour qui n’a pas eu la chance d’assister à un concert de Twelfth Night il y a trente ans – autrement dit presque tout le monde ici - lorsque Geoff Mann était aux commandes. Il faut se contenter d’imaginer (plus pour longtemps, semblerait-il, car un DVD devrait pointer le bout de son nez…) l’extraordinaire talent de frontman du feu chanteur, qui donnait là ses dernières représentations avec ses camarades, avant son départ pour une carrière solo. S'il est néanmoins une chose que l'on peut constater à l'aide de cette bande-son, c'est que les Britanniques excellaient autant dans les formats courts et efficaces que dans les titres-fleuves à tiroir. Reste à répondre à la cruciale question : qu’apporte donc cette réédition au schmilblick ? Pour des informations d’ordre purement musical, on se reportera à notre première chronique, basée sur le CD sorti en 1996 chez Cyclops. La présente version est quant à elle censée reconstituer dans son intégralité – soit plus de deux heures de musique - le spectacle joué les 4 et 5 novembre 1983 au Marquee Club de Londres. Pour cela, Brian Devoil (le batteur du groupe) a dû partir à la recherche de sources alternatives. Heureusement, certains enregistrements de bonne qualité existaient pour plusieurs titres manquants. Seuls « Human Being », le long instrumental « Afghan Red » et le monumental « The Collector », capté quelques jours plus tôt, (et dont la seule apparition studio figure sur la compilation sur Collector’s Item) souffrent d’un rendu sonore plus faible, bien qu’encore raisonnablement acceptable. On ne saurait en tenir rigueur à Devoil, comme on n’en a pas tenu rigueur à de plus grands (comme King Crimson…) d’avoir commercialisé des bandes live parfois inaudibles ! L’ordre des titres ayant été scrupuleusement respecté, l’auditeur pourra être déstabilisé par le passage d’une source professionnelle à un bootleg. Aurait-il mieux valu reléguer en bonus sur le second disque ces pistes de moindre qualité ? En hommage à Geoff Mann, le groupe a souhaité conserver l’ordre originel, et à cela il n’y a rien à redire.

Une fois encore, attribuer une note à un tel objet relève d’une appréciation forcément subjective. Bottons en touche et laissons-lui donc la note qu’il avait obtenue précédemment, tout en précisant que pour les fans, la plus-value est indéniable. Pour les autres, curieux ou nouveaux arrivants, les epics de Twelfth Night justifient plus que largement l’achat de cette délicieuse double galette.

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