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24 Octobre 2012

Mörglbl

Brütal Römance

par Maxime Delorme

Les trois clowns du metal-comique français sont de retour ! Le Mörglbl Trio, dirigé par le fabuleux Christophe Godin donne enfin suite à Jazz for the Deaf dans une nouvelle production toute en finesse et tendrement intitulée Brütal Römance. Ici, pas de surprise, nous sommes en terrain connu : du groove et du solo à gogo. Le principal défaut des productions de Godin (le chant) étant bien heureusement absent du trio, il ne reste que l’essentiel : virtuosité et tranches de rire.

Une fois de plus, les trois acolytes nous prouvent leur diversité en proposant onze pistes toutes plus différentes les unes que les autres. La composante constante réside dans ce metal à la fois loufoque et joyeux auquel nous a habitué Godin depuis un certain nombre d’années. Cette bonne humeur est omniprésente sur l’album, qu’il s’agisse de la musique ou des titres tous plus comiques les uns que les autres (« Cantal Goyave », « Le Surfer d’Argentine », « Oh P1 Can Not Be », etc.)

Effet garanti, qu’il s’agisse du riff dévastateur de « Brütal Römance » ou des grooves de « Gnocchis on the Block » et de « Glucids in the Sky », le trio nous emporte sur les routes de la virtuosité sans jamais se répéter. Et il faut avoue que ça joue dur ! Brütal Römance a cette faculté de donner envie de prendre un instrument et de pratiquer pendant des heures pour jouer les milles et un plans de l’album. En ressort sur certains titres cette facilité jazzy que Godin avait déjà démontrée maintes fois depuis les premiers affres du Trio, sur d’autres ces penchants au metal au shred déjà exprimés par le passé sur Metal Kartoon.

Pourtant, on est loin ici d’une simple démonstration de technique, l’enrobage est tellement bon que ce n’est pas qu’un énième album de guitar hero, loin de là. Non, il s’agit bien d’un trio où chaque instrument a sa place bien définie. Que seraient les solos de Godin sans les énormes lignes de basse d’Ivan Rougny ? Que seraient ces lignes de basses sans le groove de batterie d’Aurélien Ouzoulias prédominant sur toutes les pistes ? Que serait ce gâteau sans la cerise des solos de Godin ? La boucle est bouclée. Pas besoin de chant ou d’autres instruments, le trio se suffit à lui-même. Si l’on devait y regretter une chose, ce serait cette patte omniprésente du leader qui, bien qu’elle sait toujours taper là où il faut, ne surprend plus par sa loufoquerie. Et si tout est plus ou moins attendu, sans jamais être réchauffé, il faut tout de même avouer le manque d’un certain effet de surprise.

Brütal Römance reste fidèle à l’image que l’on attend du trio : un pot pourri de mille influences extrêmement bien digérées. Cette espèce d’idylle où Dimebag Darell rencontre Marcus Miller dans un décor dessiné avec un gros feutre fluo.

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