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12 Octobre 2012

inFictions

Maps of Revenge And Forgiveness

par Jean-Philippe Haas

inFictions se présente comme un groupe de « Post-Progressive Rock », ce qui ne signifie pas grand-chose en soi, sinon qu’il ne s’agit ni tout à fait de post rock ni vraiment de rock progressif. Du premier, le trio originaire de Sheffield a conservé un amour pour la sobriété instrumentale, et le crescendo patiemment amené, comme l’illustre par exemple « The Silence of the Sea » ou le très touchant « Line Drawings » qui monte en intensité par vagues successives et finit par prendre aux tripes sans qu’on s’y soit vraiment attendu. Du second, ces jeunes gens n’ont retenu que l’abandon de formats prédéfinis, même si on détecte sans peine des redondances de structure dans les compositions. Tranquillement, la guitare domine le jeu, à l’image d’ « Orchard » ou du paisible « Laughter Track », mais le groupe n’hésite pas à envoyer çà ou là un peu de gros son, surtout en fin de titre. Certains passages évoquent occasionnellement le Radiohead le plus récent, principalement à cause des ambiances pop rock éthérées et de la voix du chanteur/guitariste Ed Cartledge. En effet, lorsqu’il taquine les aigus, typiquement sur « This Road Leads to the Village of Informers »/ « Frozen River », on se trouve alors au proche voisinage de Hail To The Thief ou In Rainbows. Ni savant ni surproduit, Maps of Revenge And Forgiveness joue avant tout sur l’émotionnel. Le chant expressif et la vague tristesse qui survole l’album en toucheront plus d’un. Un premier disque autoproduit qui mérite amplement un peu de promotion.

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