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24 Août 2012

Soen

Cognitive

par Maxime Lalande

Ces derniers temps, ils fleurissent sans retenue, on scrute l’arrivée de leurs productions avec impatience et la déception est souvent au rendez-vous tant les attentes sont grandes. Oui c’est bien d’un nouveau supergroupe dont il est question ici. Soen réunit trois pointures issues du milieu metal. A commencer par Steve DiGiorgio qui aura eu l’occasion de faire ronfler ses cinq cordes dans des formations comme Sadus , Testament ou encore Death. C’est Martin Lopez (ex Opeth) qu’on retrouve derrière les futs tandis que Joel Ekelöf se charge de la partie vocale. Seul Joakim Platbarzdis semble faire son entrée dans le monde des professionnels de la musique. A l’écoute de l’album on comprend vite qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence.

Cognitive, une musique de cerveau ? Constructions abracadabrantesques pour intellectuels dévitalisés ? Que nenni ! Qu’on se rassure cet album est tout à fait abordable, pour ce qui est de la forme tout du moins ; les compositions ne choqueront personne, pas plus que l’instrumentation. Le travail des ambiances, lui, sur fond de motifs répétitifs, donnera lieu à plus de clivages mais voilà bien l’apanage des musiques progressives et c’est aussi en cela que Soen s’identifie à cette catégorie.

Pour accompagner les motifs sus-cités (souvent assurés par la guitare), le groupe met en exergue une section rythmique hypertrophiée ; slap, double pédale, percussions diverses et variées… Toutes les techniques sont bonnes pour insuffler énergie et densité. Saluons au passage la qualité du jeu de Martin et Steeve qui constitue indéniablement le noyau dur de cet album. A fleur de peau parfois, désespéré souvent, c’est un chant riche en émotions qui nous est servi par Joel Ekelöf, faisant office d’enveloppe, de guide et donnant à la musique le peu de couleur qu’elle possède.

Vous l’aurez compris, techniquement solide, la production ne vous décevra pas plus que l’interprétation, vous entendrez tout, jusqu’au frisement des frettes mais c’est bien par ce manque de couleur que Soen commet sa plus grosse erreur. Cognitive sait faire rimer originalité et efficacité, sa cohérence n’est pas un obstacle à sa diversité mais des carences mélodiques se font sentir que rien ne peut combler.

Pour un premier album, le supergroupe remplit son contrat en nous livrant un travail propre et solide. Pas de déception cette fois-ci, juste une pointe de frustration. Si le quatuor pouvait singulariser son œuvre avec une délicate touche de lyrisme, plus d’un progueux serait comblé.

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