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03 Août 2012

Overhead

Of Sun and Moon

par Florent Canepa

C’est peu dire qu’on attendait le successeur de And We're Not Here After All, qui avait su pourtant démontrer que les Finlandais étaient bien là pour secouer le paysage pop progressif. Car pop, le groupe l’est dans sa générosité mélodique et dans le travail important des filtres sur la voix, qui rendraient presque le groupe aujourd’hui plus “américain”. Mais, même si Dream Theater n’est pas loin sur « Lost Inside 2 », les accents brûlants stoner, voire doom qui émergent ça et là nous affirment dès l’ouverture qu’Overhead s’affranchit des étiquettes, plus que jamais.

Pop, Overhead l’est aussi dans ses mélanges, ses emprunts à différentes périodes. A cet égard, les mélodies synthé dancefloor années quatre-vingts qui parsèment « Berlin » (plutôt darkwave), « An Afternoon Of Sun And Moon » (plutôt reggae puis disco) et « Alive » (plutôt new wave, avec des réminiscences d’« Enola gay ») semblent presque irréelles. On panique à l’idée de devoir relater ce dédale… Humblement, on peut cependant révéler que le voyage sera suffisamment diversifié et stellaire pour valoir le coup, à l’image du travail d’un Arjen Lucassen. Même les refontes un peu verbeuses de Linkin Park ou Within Temptation (« Aftermath ») peuvent être plutôt bien accueillies. « Syriana » réchauffe les oreilles de son psychédélisme, un peu comme si les Doors avaient couché avec Mars Volta. « Grotte » renverse les choses avec un ethno-blues instrumental complètement free. Arrivé à mi-parcours, on a alors le sentiment d’avoir affaire à une oeuvre folle. Décousue mais jamais maladroite. Fragile quand il faut (« Last broadcast » et sa batterie nébuleuse). Et plus énergique et produite que la précédente.

La musique d’Overhead bénéficie en outre de la présence d’ Alex Keskitalo, chanteur sobre mais charismatique. Egalement flûtiste. on le retrouve au gré des différentes ambiances, par petites touches. Il faut dire qu’ici le progressif traditionnel se mue en créature étrange et polymorphe, souvent héroïque, où claviers, riffs rythmiques et choeurs prennent le dessus. On a bombé le torse chez Overhead. Et si on en doutait, le dernier titre, improbable opéra FM, surf puis space rock, achève de nous convaincre que l’accessibilité combinée à la folie de ce disque en font une pièce rare.

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