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27 Juillet 2012

Van Der Graaf Generator

Recorded Live in Concert at Metropolis Studios, London

par Jean-Philippe Haas

C’était un soir d’hiver 2010, alors qu’un froid glacial balayait Londres. Une centaine de fans heureux eut le privilège d’assister au concert de Van Der Graaf Generator, bien à l’abri dans les célèbres studios Metropolis. De cet événement, Union Square Music tire aujourd’hui un DVD accompagné de deux CD. Au menu, les derniers trois albums studio qui ont suivi l’improbable renaissance du groupe dans les années deux mille (Present, 2005, Trisector, 2008, A Grounding in Numbers, 2011) et quelques sommets gravis dans les années soixante-dix (Pawn Hearts, 1971 et Still Life, 1976).

Réduits depuis 2007 et le départ de David Jackson à un trio composé de Peter Hammill, Hugh Banton et Guy Evans, les Britanniques ont adapté leur répertoire à cette nouvelle configuration. Et comme on avait déjà pu le constater depuis leur réunion, les papys n’ont rien perdu de leur fougue ! Reconnaissable entre mille, presque identique à ce qu’elle était dans les années soixante-dix, la voix tranchante de Peter Hammill continue de déchirer les espaces sonores, telle une dague à la fois effilée et émoussée par endroits… Grande perche dégingandée, le leader charismatique adopte alternativement des postures de rockeur, muni de sa Fender Squier lorsque le titre l’exige, ou une attitude (à peine) plus contenue, assis derrière son piano électrique. Guy Evans, s’il n’est plus agité de soubresauts frénétiques comme il y a quarante ans, impressionne toujours autant par sa rigueur doublée d’une souplesse qui s’adapte aux fluctuations des compositions de VDGG. Homme-orchestre, Hugh Banton quant à lui tient la baraque en assurant sans ciller les parties d’orgue, tout en palliant grâce à ses pédales à l’absence de guitare basse.

Le concert s’ouvre de la meilleure des manières sur « Interference Patterns », ne laissant guère le temps à l’auditeur d’entrer en douceur dans un univers sombre et en perpétuel mouvement. Le ton est donné pour un spectacle qui sera dense et intense ! Le public bigarré, composé autant de vieux connaisseurs que de jeunes curieux, ne s’y trompe pas et applaudit copieusement. Pendant une heure trente, le trio parle aux émotions de chaque personne présente en ces lieux exigus. L’énorme interprétation de « Childlike Faith » aura sûrement laissés cois plus d’un musicien en herbe… La représentation s’achève sur « Man-Erg », sans doute l’un des titres les plus emblématiques du groupe. Si on peut déplorer l’absence de monuments tels que « A Plague of Lighthouse Keepers », la set-list reste malgré tout un modèle du genre, honorant le passé mais résolument tournée vers l’avenir comme pour montrer que nous n’en avons pas encore fini avec ces vétérans imprévisibles ! Une option 5.1 pour les maniaques du son et une entrevue avec les trois musiciens (en anglais, sans sous-titres) vient enrichir la prestation qui se suffit néanmoins à elle-même.

S’il ne fallait posséder qu’un disque en concert de Van Der Graaf Generator, ce serait celui-là. Recorded Live… procurera bien davantage de sensations fortes que le décevant album studio Alt, assemblage d’improvisations passables, sorti quelques semaines plus tard.

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