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18 Juillet 2012

Mikhail

Xenofonia

par Christophe Manhès

Artiste d’origine grecque installé à Londres, Mikhail Karikis est un curieux personnage, une sorte de chevalier exalté au style rococo qui s'est engagé sur les routes de l'expérimentation pour user de nouvelles mœurs musicales, notamment autour du chant, omniprésent.
Electro au style curieux aussi dépouillé que baroque, ce n'est pas tant la musique de Karikis qui laisse perplexe que la ferveur de son chant faisant penser aux lourdes incantations seventies d'Alan Sorrenti sur l'album Aria, ou à une décalque maladroite des audaces de Björk avec qui il travailla un temps, ce qui visiblement l'a durablement marqué. Même s’il faut reconnaître du talent à ce drôle de zozo, notamment dans la dextérité de sa mise en scène sonore, on est surpris qu'avec de telles capacités, Xenofonia peine systématiquement à faire passer de l'émotion dans ses titres.
Trop préoccupé par le froid ciselage de ses complaisantes mélodies, Mikhail Karikis a fini par oublier l'essentiel : nous faire adhérer à ses audaces. Parfois — rarement — à force de prendre des libertés avec les formes convenues, ce genre d'OVNI finit par décrocher la lune. Mais handicapé par une froide exaltation, si Xenofonia peut surprendre, c'est surtout par son incapacité à nous émouvoir.

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