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10 Juillet 2012

Nils Wogram Nostalgia

Sturm und Drang

par Aleksandr Lézy

A pas loin de quarante ans, Nils Wogram n’en est plus à son coup d’essai. Déjà auteur d’une vingtaine d’albums dans divers types de formation, le tromboniste allemand s’accompagne sur le projet Nostalgia d’une batterie et d’un orgue hammond en les personnes de Dejan Terzic et d’Arno Krijger.

Sturm und Drang, à savoir « Tempête et Passion », est un mouvement politique et littéraire du milieu du dix-huitième siècle, précurseur du romantisme. En musique, c’est l’expression des sentiments par l’utilisation prononcée d’une écriture tonale mineure. On retrouve ce déchaînement d’émotions à travers ce troisième disque. Toujours centré autour de son instrument à coulisse, Wogram met en lumière une approche très moderne de son trombone.
Le jazz domine, le jazz unifie la musique de Nostalgia. Cependant, il serait réducteur de le décrire comme tel uniquement. Il y a cette démarche d’innovation consistant à détourner le cuivre accompagnant pour le cuivre soliste ; Wogram joue avec toutes les techniques propres à son instrument pour le sublimer. Les compositions varient, évoluent tout en longueur vers des moments de tension. Les mélodies défilent telles des phrases infinies dans un dédale d’émotions complexes. Accompagné par deux excellents musiciens, Wogram est poussé vers l’avant pour donner le meilleur de lui-même.

Pourtant, même si Sturm und Drang ravit sur l’instant, il peinera à la longue à convaincre les ardeurs les plus exigeantes par son manque de versatilité. Le registre employé sur « Funk Neighbourhood » aurait mérité d’être plus développé sur l’ensemble de l’album. La musique instrumentale a ses impairs que la raison ne connaît point. Belle découverte au demeurant.

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