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09 Juillet 2012

Trepalium

H.N.P.

par Florent Canepa

On a souvent tendance à présenter Trepalium comme le petit frère de Gojira et pourtant les deux groupes sont quasiment nés au même moment, à l’aube du nouveau millénaire. Si l’on excepte la période Godzilla du second, c’est donc en parallèle que les deux formations françaises ont évolué dans l’extrême. A l’heure où toutes deux présentent leur nouvel album, il serait bien vain de se lancer dans une étude comparative car, même si la brutalité, la forme progressive et le chant saturé mènent la danse sur les deux terrains, leurs rayonnements effectifs sont bien distincts et leurs oeuvres n’ont pas le même but avoué, d’entrée de jeu.

Moins puissant dans son approche, Trepalium ne cherche pas l’explosion et l’impact à tout prix. Plus humble dans la force de sa production aussi et la lourdeur générale inhérente au genre, le groupe comble donc par une intensité réelle dans la succession des riffs (« Slave the world »). Beaucoup moins assombrie que chez ses congénères, la musique de Trepalium est totalement cohérente avec le précédent album XIII, mais peut être plus ronde, plus équilibrée dans le mixage.

Sans effet de réelle nouveauté, le groupe arrive pourtant à aller vers des choses plus lancinantes et presque mélodiques comme sur le très réussi « Order the Labyrinth », qui cogne en mode stoner. Mais aussi à apporter cette dose de subversion qui sépare le hardcore, engagé, du death metal, plus en perspectives. C’est le chant de Cédric Punda qui renforce encore cette impression, tant son growl a des accents foncièrement metalcore désormais, comme outre Atlantique chez Killswitch Engage ou Lamb of God (« Let the clown rise »).

Mais H.N.P. se distancie de son prédecesseur. Moins démonstratif dans son approche, moins jazz si l’on veut, il installe des ambiances plutôt que de favoriser la cassure à tout prix (« Insane architect », très groovy sur la longueur). Plus relax, il offre un clin d’oeil avec la reprise de « I’m broken » de Pantera. Il faut se rappeler que Trepalium est un groupe de scène qui sillonne les routes de France et d’Europe, et assure une présence récurrente et réussie aux festivals du genre. En live pourquoi pas. Sur un album figé, reprendre Pantera comporte un risque. Trepalium évite le piège en n’apportant finalement pas grand chose, jouant à la note près, peut-être pour éviter la lapidation des fans (dont ils font partie eux-mêmes).

L’album est à appréhender sans ce dernier plaisir personnel. Il est donc court, ce qui peut être un peu gênant quand certains titres sont plus dispensables (« The Worst F(r)iend » ou «  (A)I Was(s)  », que l’on mettrait volontiers entre parenthèses justement…). Mais le plaisir sincère à l’écoute des autres morceaux fait de H.N.P. un album vers lequel on pourra revenir facilement, sans forcément en faire un livre de chevet. Et à l’heure de la musique fragmentée, il est vivement recommandé de placer dès maintenant « Order the Labyrinth » dans ses morceaux favoris.

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