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05 Juillet 2012

Squackett

A Life Within a Day

par Florent Canepa

Squackett, soit l’alliance de Chris Squire figure de proue du géant Yes et de Steve Hackett, qui évolua chez un autre mastodonte, Genesis, avant de s’épanouir complètement dans une brillante carrière solo. Après les supergroupes, voici donc venu le temps des superduos, les récents Barbieri/Hogarth ou la consanguine association Anderson/Wakeman ayant ouvert le bal. Steve Hackett, lui, avait déjà fricotté avec Steve Howe chez Yes, mais disons que c’était un délire de guitaristes.

Ici, la gageure est donc de trouver un équilibre entre deux types de manches. Autant le dire tout net, les deux hommes n’ont pas semblé chercher l’homogénéité sur l’album. Ni même à faire forcément peau neuve. Nous traversons des moments faisant complètement écho au travail de Steve Hackett en solo (l’aérien « Tall Ships »), tandis que d’autres s’inscrivent dans le patrimoine mélodique du groupe qui a donné à Squire sa postérité inébranlable. A l’image de « Sea of smiles » ou d’« Aliens », ce dernier réussissant pourtant sa mutation floydienne, le registre de voix étant plus grave que celui d’Anderson.

Au delà du savant cocktail des guitares soignées et des lignes de basse aux possibilités toujours larges, il faudra donc aussi goûter le chant. En effet, les deux hommes ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des chanteurs à voix. Ils n’ont pas ce timbre distinctif, celui de Gabriel, Anderson ou Collins. Et pourtant, le charisme serein qui les habite charge chaque morceau d’ondes positives. Et de pureté, un peu comme chez Supertramp. On aurait pu s’attendre à plus de plages instrumentales, il n’en est rien, et ce jusqu’à l’atmosphérique et choral « Perfect love song », tutoyant l’esprit de « California Dreaming ».

Il est tout simplement impossible de se lasser à l’écoute des neuf titres qui composent A life within a day. Ces hommes-là transforment la simplicité en avantage (« Stormchaser » et « BÖC revit »). Muent la pop en objet de luxe atypique (le final forain de « Divided Self »). Réinventent les parfums de « Kashmir » sur le titre d’ouverture. Ils prouvent que quand deux géants du progressif décident de s’asseoir ensemble, ce n’est pas seulement pour discuter des heures de gloire et faire du tricot. C’est bien pour nous faire un petit cadeau. Pop, rock, jazz, atmosphérique. Un juke-box. Un parfum parfois éphémère. Peut-être l’album d’un jour. Mais c’était une fort belle journée.

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