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02 Juillet 2012

Rush

Clockwork Angels

par Dan Tordjman

Les symptômes sont toujours les mêmes pour celui qui tient entre les mains un nouvel album de Rush : la température monte, la sueur coule sur le front, les mains sont tremblantes. Pourtant, la température, le trio Canadien l’avait prise il y a quelques temps déjà quand, fin 2010, il a mis en ligne « Caravan », « BU2B » et plus récemment « Headlong Flight ». Dès lors, grâce à une campagne de communication extrêmement bien ficelée, on a tout entendu sur le disque à venir, mais alors, absolument tout : conceptuel, double CD, … bref comme à chaque fois, Rush fait jaser. Quarante ans et vingt albums studio plus tard, parvenir à accomplir un tel tour de force sans que la passion des fans ne s’étiole une seconde n’inspire à l’auteur de ces lignes qu’un seul mot : respect !

Sans pour autant tomber dans le côté « fanboy », c’est l’évidence même que Clockwork Angels est l’oeuvre de Rush la plus aboutie à ce jour. Depuis la tragédie vécue par Neil Peart, le groupe était en recherche d’une dynamique. Si Vapor Trails marquait le retour du trio au premier plan mais péchait par une production désastreuse au possible (d’ailleurs Alex Lifeson a toujours clamé son envie de remixer le disque), Snakes & Arrows souffrait d’une inconstance dans la qualité des titres. Pour en revenir aux spéculations autour de ce vingtième album studio, il y a une part de vrai : Clockwork Angels est bel et bien dirigé par un concept que nous ne perdrons pas de temps à développer ici. Nous vous invitons néanmoins à vous pencher dessus.

L’entente entre Rush et Nick Raskulinecz pour Snakes & Arrows ayant été plus que fructueuse, les deux parties ont réitéré en toute logique leur collaboration. Bien leur en a pris car ici, le mot « consistance » prend tout son sens. La facette heavy est davantage renforcée par une production très dense, ajoutant plus de poids aux quelques brûlots que sont « Headlong Flight », « The Anarchist » et surtout « Carnies » que Black Sabbath ne renierait pas ! On parle là d’un groupe en véritable état de grâce, capable de montrer que le temps n’a pas d’emprise sur la voix de Geddy Lee, les doigts d’Alex Lifeson et le stylo de Neil Peart.

Par ailleurs, Rush parvient à s’échapper de ce monde de brutes quelques minutes, le temps de proposer des refrains plus lumineux comme ceux de « The Wreckers », « BU2B » ou « Seven Cities Of Gold », peut-être le titre le moins réussi de l’album. Les références au passé discographique des Canadiens sont également présentes : on pense notamment à Presto, Counterparts ou 2112. Mais peut-on les en blâmer pour autant ? Quoi qu’il en soit, Rush est sur la pente ascendante. S’il a pu récemment s’éloigner de la perfection avec ses deux derniers albums, il revient à nouveau sur ce chemin. Et vu que ce dernier le conduira au Sweden Rock 2013, espérons qu’il prendra également la direction de l’Hexagone afin que nous puissions nous délecter de ces perles en concert. Avec une mécanique aussi bien huilée et sous le regard bienveillant des anges, on peut le crier haut et fort : les papys font (encore et toujours) de la résistance !

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