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28 Juin 2012

Musica Ficta

A Child and A Well

par Aleksandr Lézy

Les théories décrites par Guido d’Arezzo au onzième siècle ont fait de nombreux émules puisque d’une certaine manière, tout musicien s’en sert sans vraiment le savoir. Il en faut donc, du culot, pour se dénommer Musica Ficta. Mais au-delà du caractère pompeux du nom de groupe, cela sonne bien ; espérons que la musique de ce groupe israélien en fera de même.

Sorti tout d’abord en 2005, A Child and A Well vient de faire peau neuve en étant réédité sur le label italien Fading Records, petite filiale d’AltrOck. Composé des habituels guitariste, bassiste, batteur et claviériste, Musica Ficta s’adjoint les services d’un flûtiste et d’une chanteuse. Julia Feldman pour ne nommer qu’elle, déclame une suave poésie en hébreu. Le rock progressif a de tous temps depuis son existence, connu une poussée en Israël. Bien que confidentiel, des groupes comme Sympozium, Ahvak, Sanhedrin, et des précurseurs tels Ktsat Acheret ou Sheshet dans les années soixante-dix ont su véhiculer la bonne parole d’un genre qui semble de plus en plus international.

Ce seul et unique album, au charme doucereux, interroge par son intriguant paradoxe. En effet, parfois d’un ennui presque soporifique, Musica Ficta sait aussi créer des moments de pure énergie à l’instar des très réussis « Man and Angel » et « Run Free You Idiot » ! A Child and A Well se perd dans les méandres d’un rock progressif parfois mal assumé, voire totalement mal digéré, et l’auditeur regrette que le côté Canterbury ne soit pas plus mis en avant, tant les moments qui lui sont consacrés méritent acclamations. En revanche, et c’est le point plutôt positif, la flûte associée au reste confère cette agréable note de tradition. Pour les curieux uniquement.

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