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05 Juin 2012

Invertigo

Veritas

par Florent Canepa

Il est des disques que l’on croise par hasard. Et pourtant, parfois, ils laissent une trace plus durable que d’autres. Veritas est de ceux-là. Difficile d’expliquer le pourquoi du comment. Euphorie au démarrage ? Le groupe allemand en est en réalité à son deuxième essai. En l’absence de coup génial au premier, on pourrait se croire en phase de peaufinage. Innovation stylistique ? Pour qui suit la longue cordée des héritiers de Marillion, Spock’s Beard ou autre Flower Kings, il n’est nul doute qu’il y a de quoi faire, au gré des saisons et des géographies.

Non, c’est peut-être le petit supplément d’âme dans les mélodies : il n’est pas toujours évident de trouver un développement juste. Le style progressif engendre ses propres contradictions. Comment ne pas perdre l’émotion dans les méandres techniques et évolutions qui parcourent un même morceau ? La présence de deux claviers n’est sans doute pas étrangère à cette complicité qui se noue assez immédiatement entre le disque et son auditeur. Que ce soit au détour d’un changement harmonique final bref mais emballant (« Darkness »), dans la douceur des transitions ou dans l’arrivée d’instruments différents qui tombent juste (flûte, saxo, orgue de messe et même accordéon). Les sons ne sont pas modernes et ils sont très synthétiques, mais la contrainte du genre l’impose presque.

Ne le cachons pas et tentons la brèche : Invertigo, n’est pas très loin d’Asia, le fameux groupe qu’on a honte d’aimer (« Dr Ho », générique soap télé mais finalement très second degré et surtout « The Memoirs Of A Mayfly », pamphlet de vingt-deux minutes inégal). Le chanteur Sebastian Brennert fait souvent penser à John Wetton… et même David Coverdale. Le genre de groupe qui fait dire que le rock est amour. Ou détestation pour certains. Et on relit le nom d’Asia en fin de chronique en sachant tout de suite dans quel camp se situer. In vivo, Veritas.

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