:)
04 Juin 2012

Storm Corrosion

Storm Corrosion

par Maxime Delorme

Elle est enfin arrivée ! Depuis Blackwater Park les fans d’Opeth et de Porcupine Tree réclamaient une collaboration entre les leaders de ces deux groupes phares du prog « contemporain ». Voilà qui est chose faite avec Storm Corrosion. Annoncé comme la troisième partie du triptyque Heritage/Grace for Drowning/Storm Corrosion, ce projet aura fait languir d’impatience les fans, certains dans l’inquiétude, d’autres dans l’expectative.

Les deux maestros, connus pour être particulièrement directifs dans leur approche de la musique auront-ils réussi à collaborer de manière sereine sans imposer ni forcer leur style ? La réponse est oui ! Wilson et Åkerfeldt nous font une magnifique démonstration d’émergence musicale, là où le tout est bien plus que la somme des parties. Storm Corrosion est une petite pépite mélodique, approchant par ses idées « vintage » les deux autres albums du trio, sans pour autant y ressembler un seul instant. Mais revenons-en aux faits.

Åkerfeldt dirige sur cet album l’intégralité des parties de guitare, alors que Wilson s’occupe du reste des instruments et de la programmation. Le chant, assuré par les deux comparses est particulièrement varié au fil des morceaux et il faut avouer que si la plupart des lignes restent en terrain connu, elles poussent parfois les chanteurs sur des pistes peu exploitées auparavant. C’est le cas de « Ljudet Innan » où le ton d'Åkerfeldt monte dans des aigües où l’on a peu l’habitude de le voir. S’il est bien une chose qu’il faut retenir de cet album, ce sont les nombreux jeux de voix présents sur chacune des pistes. Le ton est donné sur « Drag Ropes » par un break où Wilson et Åkerfeldt entremêlent leurs chants à la fois rythmiquement et mélodiquement d’une manière tout-à-fait déconcertante. Ces jeux sont présents sur chaque morceau. Ainsi, parfois la voix suivra la mélodie de guitare (« Happy »), parfois elle créera une pédale harmonique (« Storm Corrosion »). De manière générale, le chant est clairement l’élément central de Storm Corrosion, lui donnant son caractère, son originalité et ses qualités.

L’album mélange les surprises avec des recettes bien connues des deux musiciens, comme par exemple les harmonisations de voix (sur « Storm Corrosion »), les nappes à la Bass Communion (« Ljudet Innan », « Hag »), l’inspiration orientale d’Opeth (« Lock Howl ») ou encore cette ambiance de vieux manoir poussiéreux rappelant les moments les plus calmes de Still Life (« Happy », « Drag Ropes »). Au final ce disque est très hétéroclite et homogène à la fois. Les morceaux ne se ressemblent absolument pas et pourtant il tient autour d’une idée commune, certes inqualifiable, mais bien présente.

Bien plus qu’un simple album, Wilson et Åkerfeldt nous emmènent au sommet de leurs capacités, à la fois en matière de compositeurs, de musiciens et de collaborateurs. Alors qu’on pourrait penser les deux musiciens en perte de vitesse, peut-être en mal d’inspiration pour la suite, ils ne cessent de nous surprendre et de repousser leurs limites. De plus en plus, le duo se détache des carcans de la musique traditionnelle pour se rapprocher d’une forme plus « artistique » au sens académique. Il est loin le temps de Blackwater Park et de Lightbulb Sun. Désormais les deux compères s’apparentent plus à la musique contemporaine, qu’au rock ou au metal. N’en déplaise aux puristes.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir