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30 Mai 2012

Headspace

I Am Anonymous

par Maxime Lalande

Voilà donc une affaire de pros ! C’est la première constatations qui s’impose à l’écoute de I Am Anonymous. Les minutes s’égrenent, et toujours aucun faux-pas, ni mélodies simplistes ni jeux hasardeux, un chant d’une justesse imparable (et ce ne sont pas les placements difficiles qui manquent), une production plus qu’honnête… Et pourtant le projet n’était pas né pour durer. A ses débuts, Headspace était une simple rencontre entre amis musiciens, pour se faire plaisir, chacun ayant déjà nombre de projets en parallèle. Mais c’était sans compter sur le syndrôme mayonnaise qui prend, et les voilà qui montent sur scène pour accompagner Ozzy Osbourne (Adam Wakeman est actuellement son claviériste) : l’occasion de jouer en public leur EP fraichement sorti. Et c’est maintenant un album grand format qu’ils proposent, avec près d’une heure et quart de musique.

A l’image de son illustration, l’album est particulièrement contrasté, joyeux patchwork chaleureux, dense et coloré, melting pot d’influences diverses prodiguant des morceaux aux facettes multiples. Mis à part « Soldier », agréable balade piano voix qui correspond à un format plutôt classique, toutes les pistes flirtent avec les dix minutes. Headspace n’est pas de ces groupes progressifs qui savent instaurer un climat cohérent et langoureux sur la longueur (le tout récent Storm Corrosion en est un bon exemple) : ici, il s’en passe des choses, en dix minutes. Chaque titre donne à voir sa palette d’idées musicales, du riff de guitare électrique saturée aux duos acoustiques piano voix. En ressort un metal progressif solide, fortement inspiré des classiques du genre. Ces gars-là maîtrisent leur sujet et cela s’entend. Et pourtant il ne s’agit pas d’un album insipide plagiant les grands succès du genre. Headspace a un talent créatif indéniable, à la fois efficace et travaillé, un équilibre ténu entre recherche et simplicité, entre réflexion et émotion, qui embarque l’auditeur dans des univers successifs, tantôt épiques, tantôt intimistes, lui donnant l’agréable impression de découvrir de nouvelles trouvailles musicales, tout en ne quittant jamais un style qui lui est familier. Voilà un album ingénieux et bien ficelé, le tout servi par des interprètes dont le talent n’est plus à démontrer. Du metal progressif de haute volée, comme on l’aime.

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